Notre Père qui êtes si vieux
ne nous privez pas de chimères
Donnez-nous chaque jour la force de mentir
un peu mieux que la veille
Accordez-nous de voir des escarpins vernis
chausser le quotidien aux croquenots flétris
Au bonheur de vieillir sacrifions les regrets
glissons sous le tapis les souvenirs-guimauve
qui nous niquent les dents
et pardonnons au temps l’offense des miroirs
en fleurissant l’autel des lendemains qui chantent
Laissez nous succomber à la sainte eau-de-vie
Délivrez-nous, Seigneur, de la mélancolie.
