Nostalgie
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Jadis une voix généreuse
fleurissait mes jours et mes nuits
de mots plus doux qu’une berceuse
plus clairs que le chant de la pluie
Elle m’offrait la quintessence
de l’art dont elle était pétrie.
Et fut longtemps la providence
de mes balbutiants écrits
Précieusement mon écritoire
recueillait ce ruissellement
pour le glisser dans ma mémoire
jusqu’à son épanouissement
Mais un jour la belle s’est tue
- les muses sont capricieuses -
Depuis le temps est suspendu
à sa lyre silencieuse
Reviens, muse, de temps en temps,
le temps de me remettre en selle ;
je sais que je n’ai plus vingt ans
mais je rêve encor d’étincelles.
