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Le Défilé

Le défilé de la fraternité Que je vais maintenant vous présenter Apparaît nettement plus classique Loin des élucubrations chroniques Qui ont gêné sa popularité Durant ces quatre dernières années


Première fanfare
Marmelade d’orange

Les femmes enceintes ordre inédit Ouvrent le cortège et c’est réussi Des broderies jolies ornent leurs habits Girons aux motifs géométriques Hélices et spirales concentriques Des beaux choux ou des roses bariolées Ou des fenêtres avec des bébés

Les vieux sportifs ont des muscles saillants
Ils Marchent avec leurs genoux bruyants
Leur mentons et leurs mamelons altiers
Cachent la nostalgie de leurs lauriers Leur peau montre ses pétales froissées Leurs joues ont fondu à force de souffler Certains en habits de Mathusalem Semblent rescapés des jeux d’Athènes


Le Char des champions du repassage Se compose à chaque étage
D'une grande planche à repasser
Et d’un repasseur en train d’œuvrer
Tout le linge chiffonné se cache
Dans un bidon à gueule de vache Les fers font le tango et la valse
Au lisse le pli laisse sa place Chaque habit à nouveau apprêté
Sur un cintre retrouve sa fierté

Deuxième fanfare
Je t’attrape et je te mange

Les amoureux montrent leur variété
Main dans la main ou marchant à côté
Enlacés ou en train à s’embrasser Passionnément bavards tendrement muets
Ils font parfois naître des jalousies
Certains les soupçonnent d’hypocrisie
A d’autres ils font retrouver la foi
Alors l’espoir fait éclater leur joie

Les routards à vélo nous accrochent
Avec l’art de placer les sacoches
Ils vont au monde en légèreté
Fins cerceaux caressant l’immensité
Leurs yeux ont des couleurs un peu passées
A force de voir toutes ces contrées
Dans leurs regards pourrait-on discerner
Les visions de leurs calmes odyssées
Villes surpeuplées déserts de pierres
Oliviers hordes de phacochères


Les promeneurs de chiens mer démontée
Séparés seraient la tranquillité Masser des maîtres et des maîtresses Et leurs clébards au bout de leurs laisses
Déclenche en ordre imprévisible Coïts surprise et humeurs hostiles
Des habits de gala trouent leurs mailles
Les toutous ont les poils en bataille

Troisième fanfare
Car de ramassage

Les astronautes plus ailleurs qu’ici
En visio sont dans d’autres galaxies
Spacieux chars de la manifestation
Avec images en trois dimensions
Humbles hommes à taille humaine
En missions de tâches quotidiennes
Calculs d’espace astronomique
Farces en apesanteur cosmique

Les bagarreurs de bar c’est délicat
Le moindre prétexte un pugilat
Sponsorisés par leurs apéritifs
Cicatrices des orteils jusqu’aux tifs
Tête basse la foule prudente
Évite les provocations fréquentes
En tous cas hommes femmes jeunes vieux
Finissent par se cogner entre eux


Quatrième fanfare
Vifs sous ombrage

Les saints des jardiniers de potagers
Pyramides de primeurs bariolées Les salades couronnent les navets
Les betteraves sous les choux frisés
Sur les tomates en haut les poivrons
Poireaux dressés au-dessus des oignons

Les auteurs d’images émotives
Jouent avec des écrans qui se suivent
Leurs visions répliquent aux émotions
Par imitation ou contradiction
Confrontés à un public endormi
Sommeil d’ange ou joyeuse orgie
Devant une foule très énervée
Dragon cramoisi ou sac de navets

Les petits enfants et leurs grands-parents
Ensemble vont se balader souvent
Tendres complices anciens et gamins
Roulent en poussette sur le chemin
Les plus vieux comme les plus petits
Sont collants en mangeant des sucreries
Les plus jeunes comme les plus âgés
Rigolent en se piquant leurs jouets


Cinquième fanfare
Les joyeux compresseurs


Les bricoleurs arborent leurs outils
A la taille sur le côté aussi
Ils ont l’air de présenter les armes
Perceuses et scies à grandes lames
Ils montrent des circuits électriques
Énormes insectes sympathiques
Quatre hommes-sandwichs décorateurs
Exposent crépis et papiers à fleur

De loin on dirait un bateau-vapeur
Les hommes sur le pont et des odeurs
Les faiseurs de conserves sur chariot
Joyeux se démènent et avec brio
Du long équeutage des haricots
A la stérilisation des bocaux
Pâtés et fruits au sirop s’entassent
Belle mesure du temps qui passe

Un ballet classique qui court la rue
Ceci semblerait laid et incongru
Un corps de ballet scène mouvante
Entoure des étoiles filantes
Au centre les virtuoses bondissent
Ou feuilles au vent d’automne glissent

Sixième fanfare
Octave déménageur

Les porcs attelés une nouveauté
Cochons tirant des chars pour rigoler
Des gros verrats sont attachés par trois
A des voitures légères sans toit
Des truies fleuries sont assemblées par huit
A des diligences qui vont pas vite
Les porcelets mis par dix vont bouger
Des baignoires où on est allongé
A force d’être mangés les cochons
Deviennent amers tristes saucissons
Par les cochecochons inspirée
L’humanité rendra aux porcs la gaîté

Estivants de plage bien équipés
Parasols chapeaux Ray-bans sur le nez
Serviettes rabanes tongs sandales
Glacières bouées et jeux de balles
Ils montrent l’humaine diversité Toisons viriles ou peaux satinées
Bedons dodus ou côtes avec os
Blancs de Norvège ou noirs de Lagos
Les maillots soulignent la nudité
Coquins il faut souvent les rajuster

Et ça continue…

Crée par Argeras, déposé en 2023


© Poème posté le 28/08/2023 par Argeras

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