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Poème écrit par Deshaiessaintes

Ressasser sur ses pas

Revenant sur les lieux, tel le fou criminel,
L’obsessionnel auteur redoutant sa redite
L’amant compassionnel niant sa part maudite,
J’en tête les eaux croupies comme du lait maternel

Les matins qu’exécutent le glas des places désertes,
Des bistrots condamnés recueillent les naufragés
De Sargasses où sévissent, pour qui y a plongé,
Conspirant à ma perte, d'insidieuses fées vertes. (1)

Un sévère carillon me gifle à toute volée :
Près du gris presbytère, flotte l'écho délétère
Du butin cafardé: un bécot, dix paters,
Des prières qui s'envolent sous le clocher fêlé.

Le calvaire en pente douce, dévalé nuitamment,
Avant que mon berceau ne devienne mon cercueil,
J’en ravale plus de peine que de ressentiment,
C’est l’éternel tourment de qui n’a fait son deuil
(1) Ainsi Verlaine nommait l'absinthe.

Tous droits réservés © Poème posté le 13/03/2023 par Deshaiessaintes

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