À C.
Quand on n’a pas fait le choix d’être ensemble,
T’en souviens-tu ?
Quand nos mains se sont nouées,
Alors qu’on ne s’était encore rien dit,
T’en souviens-tu ?
Quand je te retenais, toi pleine de maternité,
Me sentant responsable de la santé de ton bébé
J’avais confiance en toi,
T’en souviens-tu ?
Quand il nous a fallu danser devant tout le monde,
Les yeux dans les yeux...
Quand je ne t’ai pas même demandé ton prénom
Alors que tu me souriais sans y penser je pense...
T’en souviens-tu ?
Et quand tu t’es trouvée devant moi, dans la nuit
Parmi la foule éclairée de lanternes d’enfants,
Et quand tu as dénoué tes cheveux pour les recoiffer,
Encore dans la foule et que tu me souriais
Dans ce geste libre et nonchalant,
T’en souviens-tu ?
Et quand tu n’as plus répondu à mes messages,
Si ce n’est au terme du n-ième pour me dire
Que tu pensais que je me lasserais,
Quand tu m’as dit que tu partais pour Dakar,
Définitivement,
Et quand tu m’as dit non pour j’apporte
Mes cadeaux de naissance chez toi,
Et que tu as retenu des sanglots,
T’en souviens-tu ?
Et quand tu as fui ce jour où le hasard,
Se faisant dramatiquement insistant,
Nous a fait nous croiser par surprise,
Était-ce pour pleurer ?
Et quand j’ai osé encore téléphoner
Et que pour la première fois tu m’as répondu sèchement,
Ce jour où ton mari parla de plainte à la police,
Était-ce pour ne pas lui montrer ce que tu vivais ?
T’en souviens-tu ?
Et quand j’ai enfin réussi
Un jour enfin,
À évoquer mon amour pour toi
(À quoi seul un court silence a répondu),
Je t’ai aussi dit que c’était la dernière fois que je cherchais à t’atteindre,
T’en souviens-tu ?
Maintenant je résiste encore, mais pour combien de temps…
Tous les jours encore je te parle
Je te souris, je prends ta main invisible.
L’amour se réfugie dans mon pardon
Pour un silence que je crois contraint
Ainsi que dans ma peine et mes excuses
Si jamais je t’ai fait le plus insignifiant des maux,
Je m’en voudrais terriblement.
Encore, à chaque appel de la beauté,
Je frémis d’émotions, plus rarement qu’il fut un temps
Mais combien sont-elles plus violentes à chaque fois...
Tout cela et mille autres choses
Tu les ignores et ne peux t’en souvenir….
Poème écrit par
Pilar
Tu ne peux te souvenir de ce que tu ignores.
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J'aurais pu titrer "Bouteille à la mer" tellement il y a peu de chance que tu lises tous mes vers déposés ici depuis ton départ quand j'ai compris que tu n'étais pas simplement de passage dans ma vie ou une simple fantaisie. Depuis mon inscription tu es comme une pierre très précieuse et bienfaisante dans mon coeur, quoi tu veuilles penser de moi par ailleurs si je me trompe à ton égard pour moi.
Tous droits réservés © Poème posté le 16/12/2021 par Pilar
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