C’est avec joie, moi le minot,
que je revois le cheminot
qui fièrement me prit la main,
pour m’indiquer le droit chemin.
Chantent les prés et les coteaux
de Champ-Saint-Père à Chambretaud.
Pleurent la lande et l’estuaire,
de Savenay à Saint-Nazaire.
Il faut se faire une raison.
Et gagner d’autres horizons.
Un jour de pluie, dans une gare,
j’ai pris le train, sans crier gare.
De Perpignan, Prats de Mollo.
De Sète à Palavas les flots.
De Châteauneuf, près de Marseille,
à ciel ouvert, sous le soleil.
Mais que je parte en Amérique,
loin des rivages d’Armorique.
A Las Vegas, Sacramento !
Los Angeles, San Francisco !
Là où le vent d'autan m'emporte,
même au-delà des mers. Qu'importe !
Quand en chemin parfois je pense
Au cheminot de mon enfance.
C’est avec lui que je voyage,
Le cœur léger, dans les nuages.
