Par delà le gué
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Je vis à l’horizon la blanche cavalcade
Qui empruntait le gué dans l’éclaboussement
De son galop joyeux et de ses gaies ruades,
Dans un ballet d’écume éparpillée au vent.
Ce quatuor intrépide à l’exquise blancheur
Détachait sur l’azur sa silhouette pure;
Pégase n’aurait pu lui envier cette ardeur
Non plus que jalouser ce désir d’aventure.
Et ces fringants chevaux qui galopaient dans l’eau
Dans leur ardente fièvre à gagner l’autre rive
M’évoquait les humains dont le plus fréquent lot
Est de chercher ailleurs la joie dont on les prive.
