Sur la rive
1
J’y suis. Sur la rive.
Le sable est presque blanc.
Et la mer en flot cotonneux ouvre ses stries sous un ciel vaporeux.
Je ne pourrai pas aller plus loin.
Les pieds dans les grains qui s’étalent. Les jambes flageolantes.
Les yeux embrumées par une pression de larme.
Une contre-pression d’image
Les bruits de la nuit, le souvenir.
Avant.
Tout ce que j’ai traversé.
Se remémorer.
Je suis passé par.
Quelques voix de sirènes aux écailles noires montent du bout du pic rocheux. Vers moi.
Je me sens si loin.
L’œil pour regarder.
C’est une frise de corps, de points et de paysages embrumés.
L’image pourrait s’effacer.
Je serais dans le noir.
J’aurai tellement voulu être fier de quelque chose. Mais tout est lacéré de harpons arrachant la chair par cordes de sang.
L’avancée de la nuit. Sa lourdeur. Tomber sur mes épaules. J’ai la respiration pesante.
J’écris sur le clavier.
Et je suis sur cette plage, les souvenirs dans le dos.
J’ai vu les îles noires, là où la lumière peine en plein jour à éclairer les palmiers.
Quelques rangs de grillage. La pression.
Comme à Guantanamo.
J’ai marché sous les regards assagis de la mycose arborescente. La pression de la toile bien présente à ma conscience.
A la lisière, plus possible de m’accrocher, je ne sais pas danser, je ne comprends pas les signes. J’aurais voulu entrer dans la parade. Mais sur le flan. J’ai obéi. J’ai répondu à mon impulsion première. Rebondir. Approcher la main. Sentir le cœur qui palpite. Me brûler. Serrer. Pas serrer. Pousser.
Je me laisse porter dans un air oxygéné.
Boucle commencer.
Une route. A droite.
Une route. A gauche.
Plus un.
Boucle finir.
Trois fois.
Je suis sur le trottoir. Je vais encore m’affaler, tomber en moi-même. Tout à la prière. Debout. Et j’essaie de lever les genoux. Il y a comme un émissaire gris. Il m’a fait erré sur internet.
Retour à la page blanche.
Je me souviens.
J’ai craché des cigarettes bleuies sur un canapé.
J’ai pleuré sur mon lit dépareillé entre deux oreillers.
Toujours cette même chambre.
Continuer.
Le verbe continuer.
Il revient souvent.
Verbe.
Et.
Je ne pourrai aller plus loin.
J’ai fait mon témoignage à longueur de post. Je suis tellement introverti. C’est de pire en pire. Je n’ose plus montrer mon corps. Je n’ose plus vraiment le faire bouger.
J’ai laissé couler comme un écoulement nasal, ou un vomis, ou le fleuve du noyau refermé.
Il est apparu quelques répétitions, mes points de fixation. J’ai creusé dedans.
J’aurais voulu faire quelque chose de mes amis, les inscrire dans cet écoulement. C’était impossible. Une impossibilité de les insérer. Comme si cela avait trop peu d’intérêt.
Alors que.
Mon écoulement malhabile.
Etait un entre ses rives sombres.
L’un dans la suite au milieu du fluide.
Cerf-volant. Je regarde passer.
Lapin.
Poil blanc.
Je me souviens.
L’œil dans le vague.
Un ticket de métro.
Il a été composté. Par moi. Je ne me souviens pas.
Après.
Qu’est-ce que je fais ?
Il n’y a pas d’amour, pour moi, pas d’amour, c’est fou pas d’amour. C’est complètement fou. Je ne comprends pas. J’ai arrêté de me forcer à m’accrocher. Je plane tout seul, les yeux écarquillés. Il n’est que vingt-trois heures. Il me reste l’esprit. Les épaules tendues.
Je regarde.
Point.
Je regarde entre l’écran et le clavier.
Ebahi.
Il y a comme un bloc de béton rêche et une frise féérique qui le traverse d’une tempe vers l’autre.
Je vais courir jusqu’à l’eau.
Je vais courir comme dans les films. J’ai remonté les jambes de mon jean. J’ai posé mes baskets sur le sable. Une chaussette dans chaque basket.
Je suis au niveau de l’eau.
Je ne vais quand même pas rire.
Je vois l’image. Je me vois rire. Haussement de front. Je sniffe du nez. Allez je ris ! Je m’autorise. J’ouvre la bouche. Le premier éclat part tout seul. Saccade d’éclat comme un tracteur. Puis cela devient plus facile. Souplesse du torse. Cage thoracique qui monte et qui redescend. Je ris.
Oui j’ai ri.
Je le note.
Je ris d’avoir ri.
Les pieds dans l’eau.
Le sable est presque blanc.
Et la mer en flot cotonneux ouvre ses stries sous un ciel vaporeux.
Je ne pourrai pas aller plus loin.
Les pieds dans les grains qui s’étalent. Les jambes flageolantes.
Les yeux embrumées par une pression de larme.
Une contre-pression d’image
Les bruits de la nuit, le souvenir.
Avant.
Tout ce que j’ai traversé.
Se remémorer.
Je suis passé par.
Quelques voix de sirènes aux écailles noires montent du bout du pic rocheux. Vers moi.
Je me sens si loin.
L’œil pour regarder.
C’est une frise de corps, de points et de paysages embrumés.
L’image pourrait s’effacer.
Je serais dans le noir.
J’aurai tellement voulu être fier de quelque chose. Mais tout est lacéré de harpons arrachant la chair par cordes de sang.
L’avancée de la nuit. Sa lourdeur. Tomber sur mes épaules. J’ai la respiration pesante.
J’écris sur le clavier.
Et je suis sur cette plage, les souvenirs dans le dos.
J’ai vu les îles noires, là où la lumière peine en plein jour à éclairer les palmiers.
Quelques rangs de grillage. La pression.
Comme à Guantanamo.
J’ai marché sous les regards assagis de la mycose arborescente. La pression de la toile bien présente à ma conscience.
A la lisière, plus possible de m’accrocher, je ne sais pas danser, je ne comprends pas les signes. J’aurais voulu entrer dans la parade. Mais sur le flan. J’ai obéi. J’ai répondu à mon impulsion première. Rebondir. Approcher la main. Sentir le cœur qui palpite. Me brûler. Serrer. Pas serrer. Pousser.
Je me laisse porter dans un air oxygéné.
Boucle commencer.
Une route. A droite.
Une route. A gauche.
Plus un.
Boucle finir.
Trois fois.
Je suis sur le trottoir. Je vais encore m’affaler, tomber en moi-même. Tout à la prière. Debout. Et j’essaie de lever les genoux. Il y a comme un émissaire gris. Il m’a fait erré sur internet.
Retour à la page blanche.
Je me souviens.
J’ai craché des cigarettes bleuies sur un canapé.
J’ai pleuré sur mon lit dépareillé entre deux oreillers.
Toujours cette même chambre.
Continuer.
Le verbe continuer.
Il revient souvent.
Verbe.
Et.
Je ne pourrai aller plus loin.
J’ai fait mon témoignage à longueur de post. Je suis tellement introverti. C’est de pire en pire. Je n’ose plus montrer mon corps. Je n’ose plus vraiment le faire bouger.
J’ai laissé couler comme un écoulement nasal, ou un vomis, ou le fleuve du noyau refermé.
Il est apparu quelques répétitions, mes points de fixation. J’ai creusé dedans.
J’aurais voulu faire quelque chose de mes amis, les inscrire dans cet écoulement. C’était impossible. Une impossibilité de les insérer. Comme si cela avait trop peu d’intérêt.
Alors que.
Mon écoulement malhabile.
Etait un entre ses rives sombres.
L’un dans la suite au milieu du fluide.
Cerf-volant. Je regarde passer.
Lapin.
Poil blanc.
Je me souviens.
L’œil dans le vague.
Un ticket de métro.
Il a été composté. Par moi. Je ne me souviens pas.
Après.
Qu’est-ce que je fais ?
Il n’y a pas d’amour, pour moi, pas d’amour, c’est fou pas d’amour. C’est complètement fou. Je ne comprends pas. J’ai arrêté de me forcer à m’accrocher. Je plane tout seul, les yeux écarquillés. Il n’est que vingt-trois heures. Il me reste l’esprit. Les épaules tendues.
Je regarde.
Point.
Je regarde entre l’écran et le clavier.
Ebahi.
Il y a comme un bloc de béton rêche et une frise féérique qui le traverse d’une tempe vers l’autre.
Je vais courir jusqu’à l’eau.
Je vais courir comme dans les films. J’ai remonté les jambes de mon jean. J’ai posé mes baskets sur le sable. Une chaussette dans chaque basket.
Je suis au niveau de l’eau.
Je ne vais quand même pas rire.
Je vois l’image. Je me vois rire. Haussement de front. Je sniffe du nez. Allez je ris ! Je m’autorise. J’ouvre la bouche. Le premier éclat part tout seul. Saccade d’éclat comme un tracteur. Puis cela devient plus facile. Souplesse du torse. Cage thoracique qui monte et qui redescend. Je ris.
Oui j’ai ri.
Je le note.
Je ris d’avoir ri.
Les pieds dans l’eau.
