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Abysses
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Si vous passez un matin par ici,
Doucement toquez sur ce fiévreux cœur
Qui frémit, d’une mortelle pâleur,
Parmi des fleurs aux parfums décatis.

Si vous osez, pénétrez sans un bruit
Pour ne point réveiller quelconque espoir :
Il s’est endormi dans l’abyssal noir
Des vaisseaux couchés au fond de leur nuit.

Vous jugerez comme rien n’a changé :
Tout est resté à sa précieuse place,
Jours succédant aux jours en dédicace
D’un passé perdu au prestige entier.

Sans promesses, dans les bras de l’aurore,
D’un corps sans poids, votre âme dans un voile,
Venez, comme dans l’obscur vient l’étoile,
Puisque Madame, je vous aime encore.

© Poème posté le 07/06/2018 par Fregat

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