De sa profonde mère, encor froide et fumante,
Voici qu'au seuil battu des tempêtes, la chair
Amèrement vomie au soleil par la mer,
Se délivre des diamants de la tourmente.
Son sourire se forme et suit sur ses bras blancs
Qu'éplore l'orient d'une épaule meurtrie,
De l'humide Thétis la pure pierrerie,
Et sa tresse se fraye un frisson sur ses flancs.
Le frais gravier, qu'arrose et fuit sa course agile,
Croule, creuse rumeur de soif, et le facile
Sable a bu les baisers de ses bonds puérils ;
Mais de mille regards ou perfides ou vagues,
Son œil mobile mêle aux éclairs de périls
L'eau riante, et la danse infidèle des vagues.
Poème écrit par
Paul VALERY
Naissance de Vénus
2
Poésies - Album de vers anciens
NRF / Poésie / Gallimard - 1958
NRF / Poésie / Gallimard - 1958
Tous droits réservés © Poème posté le 29/02/2024 par Jim
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