Comme un beau cadre ajoute à la peinture,
Bien qu’elle soit d’un pinceau très vanté,
Je ne sais quoi d’étrange et d’enchanté
En l’isolant de l’immense nature,
Ainsi bijoux, meubles, métaux, dorure,
S’adaptaient juste à sa rare beauté ;
Rien n’offusquait sa parfaite clarté,
Et tout semblait lui servir de bordure.
Même on eût dit parfois qu’elle croyait
Que tout voulait l’aimer ; elle noyait
Sa nudité voluptueusement
Dans les baisers du satin et du linge,
Et lente ou brusque, à chaque mouvement
Montrait la grâce enfantine du singe.
Poème écrit par
Charles BAUDELAIRE
Le cadre
Extrait du recueil Les épaves (1866)
Les fleurs du mal
Extrait de "Un fantôme"
Extrait de "Un fantôme"
Tous droits réservés © Poème posté le 26/09/2023 par Rickways
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