L'un t'éclaire avec son ardeur,
L'autre en toi met son deuil, Nature !
Ce qui dit à l'un : Sépulture !
Dit à l'autre : Vie et splendeur !
Hermès inconnu qui m'assistes
Et qui toujours m'intimidas,
Tu me rends l'égal de Midas,
Le plus triste des alchimistes ;
Par toi je change l'or en fer
Et le paradis en enfer ;
Dans le suaire des nuages
Je découvre un cadavre cher,
Et sur les célestes rivages
Je bâtis de grands sarcophages.
Poème écrit par
Charles BAUDELAIRE
Alchimie de la douleur
Poème LXXXI — Extrait du recueil Les Fleurs du mal (1861) — SPLEEN ET IDÉAL
Tous droits réservés © Poème posté le 21/09/2023 par Rickways
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