La musique souvent me prend comme une mer!
Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile;
La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile
J'escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile;
Je sens vibrer en moi toutes les passions
D'un vaisseau qui souffre;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions
Sur l'immense gouffre
Me bercent. D'autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir!
Poème écrit par
Charles BAUDELAIRE
La Musique
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Poème LXIX — Extrait du recueil Les Fleurs du mal (1861) — SPLEEN ET IDÉAL
Tous droits réservés © Poème posté le 10/06/2011 par Rickways
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