Comme les anges à l'œil fauve,
Je reviendrai dans ton alcôve
Et vers toi glisserai sans bruit
Avec les ombres de la nuit,
Et je te donnerai, ma brune,
Des baisers froids comme la lune
Et des caresses de serpent
Autour d'une fosse rampant.
Quand viendra le matin livide,
Tu trouveras ma place vide,
Où jusqu'au soir il fera froid.
Comme d'autres par la tendresse,
Sur ta vie et sur ta jeunesse,
Moi, je veux régner par l'effroi.
Poème écrit par
Charles BAUDELAIRE
Le Revenant
Poème LXIII — Extrait du recueil Les Fleurs du mal (1861) — SPLEEN ET IDÉAL
Tous droits réservés © Poème posté le 06/12/2010 par Rickways
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