Histoire d’ailes

Par : Jim
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Jim

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Puissance de l’imagination qui dispense du vivre ! Du simple fait d’entrevoir ce qui s’ensuit d’un choix présent, tout se déroule, tout s’épuise. Tout étant vu, passons à autre chose. Et le cycle recommence ! Savoir avant d’avoir testé, sentir avant d’avoir frémi. Mais il faudrait y aller comme si de rien n’avait été, routine anticipée insupportable. Faudrait-il être bête pour que la vie surprenne ? Penser à la rose, et sa senteur envahit, sa texture tremble aux doigts, sa couleur tapisse l’œil : nul besoin de son bouquet. Mais le fumet évoqué d’une daube ne nourrit pas. Envolé le désir, la faim demeure, et la satiété reste sans surprise : confirmation. Avec de l’imagination et un peu d’habitude, il est si facile de planifier. Le présent est plein tant du vécu qui l’alimente que du futur projeté. Ici et maintenant, dit-on, s’ils étaient vides seraient envisageables : lobotomie salutaire… un peu trop réussie la bestiole, depuis qu’elle croqua le fruit de la mémoire, de l’intelligence, de la conscience. Les fausses solutions sont trop simplistes et conséquemment fonctionnent peu. Feindre l’ignorance en prenant garde de n’en franchir la frontière, que voici un séduisant programme ! Rêve de paramécie… Restent l’abîme et son chaos pour que l’événement surprenne. Qui en prendra le risque ? Ce n’est pas très raisonnable, nous dit Sophie, qui n’explore guère autre position que celle dite du missionnaire, de retrouver un plaisir déjà connu : sécurité, quand tu nous tiens, tu nous garrottes de ta certitude. Alors, reste la marge, marcher les yeux bandés au bord de la falaise, craignant la chute, espérant l’envol. Les ailes poussent-elles pour un pas écarté ? Ont-elles déjà poussé qu’elles n’auraient qu’à se déplier ? Comment savoir sans un peu d’ivresse ? Boire peut-être, à un baiser sur la terre ferme, avant que d’espérer le retrouver après le pas franchi, dans la légèreté, ou dans la gravité le perdre ? Pour savoir si l’on plonge ou vole, il faut attendre l’écrasement, et tant que l’on ne s’écrase pas, on peut supputer voler. En général, on s’écrase, insuffisamment pour pouvoir recommencer. Finalement, on ne peut dire l’appris : les ailes ne poussent pas.