Comme source, je dispose des "Lais de Marie de France", édition de Poche - Lettres gothiques (1990).
On ne sait quasiment rien sur cette Marie. Il existe trois Marie auteur de textes, soit signés de ce prénom, soit dont celui-ci apparait dans le texte, en tant qu'auteur ou traducteur de textes non romans (du Latin, de l'anglais, consignation par l'écrit des œuvres orales), soucieuse qu'elle semble avoir été de sauvegarder de l'oubli des textes jugés de qualité. Il semble que ces trois Marie n'en fassent qu'une, c'est une forte hypothèse. Elle semble avoir été très attachée à la cour d'Angleterre (Henri II), spécifiant par "de France" qu'elle est francienne et non anglaise. On n'est même pas sûr qu'elle soit l'auteur des Lais, peut-être uniquement une traduction.Elle participe, comme Chrétien de Troyes, à la mise en lettres des légendes bretonnes en puisant dans cette matière.
1/ Vers 3 du Lai de Guigemar:
"Écoutez donc, seigneurs, les récits de Marie,
qui tient sa place parmi les auteurs de son temps."
2/ dans sa traduction du Tractacus de Purgatorio sancti Patricii de Henri de Saltrey:
"Moi, Marie, j'ai sauvé de l'oubli
le livre de l'Espurgatoire,
en le traduisant en langue romane afin qu'il puisse être compris
des laïcs et mis à leur portée."
3/ dans son adaptation en français de la version anglaise de "son" Ysopet:
"A la fin de ce texte,
que j'ai composé en langue romane,
je me nommerai pour ne pas être mise à l'oubli:
j'ai nom Marie, je suis originaire de France."
Marie recueille des contes bretons chantés ("Laid" = chant) lesquels, une fois écrits, donnent les Lais. Par l'irruption du merveilleux dans ces récits, elle définit "l'aventure".
(d'après Laurence Harf-Lancner)