Engourdi par la mélancolie de ce tardif automne, sans bruit, un matin de décembre, tu as figé mon âme…et ma plume !
Page blanche et givre au carreau devant mon regard éteint, tu déposes ton linceul sur le jardin endormi.
L’eau sale de l’Adour charrie son lot de vie arraché aux berges lointaines, repoussant les blanches aigrettes vers un havre plus propice. Seuls quelques corbeaux coassent encore dans le ciel laiteux et même les saules, fidèles guerriers des tempêtes se défiant, abandonnent leurs armures décharnées au courant du fleuve jauni.
Plus de bruit, plus de vie, le temps s’arrête…
Et moi je pleure !
Des larmes de glace sur un monde qui se meurt
Le sel d’une vie sur un demain sans bonheur
La nuit tombe comme je meure
Ô toi qui fais rire les enfants et mourir les vieux
Recouvre-moi de ta froide capeline et emporte-moi
Hiver mon frère délivre moi !