De l'art des modernes

Par : Lasource
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Lasource

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L'art classique, il est bien : vu qu'il n'est pas moderne !
Ainsi peut-on le voir d'un œil plus objectif.
Mais l'homme d'aujourd'hui, uniquement sportif,
Prend souvent le ballon en guise de lanterne,

Et d'un câble d'acier remplace la baderne...
Face à l'ode, au sonnet, l'Amora monte au pif
Du rimeur chevronné comme du plumitif !
L'alexandrin pour eux est monotone et terne.

Ils préfèrent des «vers» qui n'en ont que le nom,
Déchiquetés comme remparts sous le canon,
Sans rythme, sans musique et d'une bête prose.

Face à ce qui est beau, jaloux, ils hurlent «Non !»
Le laid seul leur convient : l'exigence indispose
Ces piètres créateurs moquant le Parthénon !



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Pierre

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Je n'ai rien contre le sonnet, le virelai ou les chansons de geste. L'ode pas davantage et le rondeau encore moins... C'est dire...
Et à propos de dire ce que j'en dis c'est qu'une forme en vaut une autre, mais que les formes sont aussi associées au temps, et comme le temps ne se remonte pas il me semble pertinent d'envisager qu'on ne revienne que difficilement aux formes que ce temps passé a su générer, même si ponctuellement il peut y avoir de géniales exceptions...
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Lasource

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Ouffe, je respire ! Envisage, envisage ! Sur des sujets modernes...
faisons des vers antiques !
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Pierre

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en toque si tu veux et pourquoi pas en chapeau claque.... 😎
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[Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] "Ces piètres créateurs moquant le Parthénon !"


De "piètres créateurs", bien sûr, il y en a, tout comme autrefois, mais il y a aussi dans ce qu'il est convenu d'appeler la poésie libre des textes d'une très grande beauté.

Quant au Parthenon, on l'admire parce qu'il est beau, mais on s'étonnerait peut-être de le voir construire aujourd'hui...

Reste que le sonnet est un cas très particulier. Mais c'est une autre histoire...
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Jim

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Du Grégorien au be-bop, la musique a évolué. Je doute que les formes contemporaines soient moins contraignantes que les anciennes. J'attends donc, des amateurs de modernité, l'émergence d'un Charly Parker, d'un Thélonius Monk. Dans cette attente, je me régale toujours de Vivaldi, de Mozart et de qqs autres.
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Pierre

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Jim, je n'aime pas trop l'opéra depuis le Pélléas de Debussy qui m'emmerde pas mal...
J'adore la musique instrumentale de debussy mais bon...
J'aime bien entendre du Bério ou du dusapin et chaque fois je me dis que quand même ça vaut bien vivaldi ou inversement...

Mais globalement les opéras "contemporains" me poussent à reprendre des nouilles si tu vois ce que je veux dire...

Oui...la forme change... comme le monde et c'est bien comme ça.
Je me demande si l'opéra est une forme adaptée à notre monde..



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Jim

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Bien que d'accord avec toi, Pierre, je ne vois pas ce que cela ajoute ou retire à mon propos. "Pelléas", tout autant que "le festin de l'araignée" de Roussel, m'emm...ent. Mais la multiplicité des formes musicales du XXè siècle ne se réduit pas à ce que je dépréfère, ce serait comme dire que depuis Lautréamont, la poésie m'ennuie en oubliant bien des poètes depuis Cendrars à Bonnefoy en passant par... une sacrée liste.

La poésie est un travail sur le langage, ce dernier ne se réduisant pas au verbalisé. Chaque langage évolue à son propre rythme et cela, pas seulement sous la pression des savants en chacun de leur domaine de prédilection ; j'ai plus l'impression que ceux-ci récupèrent - puisque savants - les produits de cette évolution au travers d'œuvres l'exprimant, de la même façon qu'ils expriment l'évolution de divers aspects de leur temps.

On ne peut séparer l'évolution d'un ensemble, de celle de ses composants, autrement dit : l'évolution d'un local abstrait de son global est une opération de l'esprit ne correspondant à aucune réalité, c'est juste une commodité risquée d’intelligibilité. Le principe de décomposition en éléments dits simples et indépendants est donc suspect.

Or, il est apparu un art majeur lors du XXè S. qui les intègre tous et influa sur chacun : le cinéma. Chaque art contributif tenta de lui courir après, enterré par lui. Parallèlement, la mercantilisation et le consumérisme entraînèrent et entraînent la merdyalisation de tous et chacun, ce qui est aussi une représentation de l'évolution de l'époque.

Au XIXè S, il existait plusieurs activités synthétiques séparées telles que le Roman, le Théâtre, l'Opéra, toutes caractérisées communément par la mise en scène. Depuis le XXè, elles ne sont plus séparées, mais intégrées en une seule : la cinématographique. La « post-modernité » se situe donc à ce niveau d’intégration d’une part, et à son suivant s’il est possible de l’imaginer d’autre part. La perte de cette indépendance de chaque art au profit de celui les intégrant est sans doute ce que nombre nommèrent « la mort de » ceci, cela.

Chaque enfant retourne dans la maison qu’il contribue à construire : le père du fils prodigue aurait tort de s’en féliciter car, dès lors que revient chacun de ses enfants, plus personne ni lui ne sont maîtres en la demeure. Il n’est donc pas étonnant qu’aujourd’hui nous souffrions d’un étouffement justement nommé « globalisation », qu’en résultera-t-il ? Un éclatement libérateur, ou autre chose d’inimaginé pour le moment ? Imagine-t-on le futur ou celui-ci nous imagine t’il ? Je soupçonne que nous ne fassions qu’exprimer le produit devenu après son constat – le temps de la prise de recul. Du bouillonnement volontariste surgit aléatoirement le devenir, chauffage sans lequel rien n'adviendrait. In fine, on choisit ce que l’on devient. « Vouloir ce vouloir qui nous veut » dirait Schopenhauer, à ce détail près que nous le provoquons sans le déterminer (sinon existerait la boule de cristal).
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Pierre

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Mon propos n'apportait ni ne retranchait rien au tien. Il m'arrive de dire des trucs uniquement pour le plaisir de les dire. En plus c'est un plaisir qui ne coûte rien, alors vu la conjoncture j'en profite!

Pour le cinéma... Je ne sais pas si on peut dire qu'un art intègre d'autres arts...
Il les transforme les ingère . Un opéra est aussi une histoire qu'on nous raconte, presque un roman...
Déjà avec l'oratorio on nous racontait des trucs.
Un jour un zigue prend à bras le corps un sujet traité des milliers de fois et nous le présente sous un jour nouveau avec les moyens qu'il a à sa disposition, et bien sûr il a "ingéré" les propositions antérieures, l'acquis et l'inné frappent à sa porte...

bon, je dis peut-être encore une fois des bêtises...





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Lasource

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Mais non mais non, vous zêtes brillants tous deux. Encore que je ne comprends pas qu'on n'aime pas Roussel, ou Sibelius ou Janacek... M'enfin, tous les dégoûts sont dans l'âne à ture !!!! Hohoho.
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Jim

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C'est pour cela, Lasource, qu'en ce cas je parle de préférence et non de jugement sur l'œuvre. Il s'agit moins de dégoût que de mégoût. Voici donc qui peut changer: assimiler, c'est toujours reconfigurer ses cartes mentales. Enfant, on n'aime pas les endives, plus tard, on se demande comment on a pu ne pas les aimer: l'endive n'y est pour rien.
J'aime Sibelius et Janacek, tout n'est pas perdu. 😂
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Pierre

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Moi aussi et même Schmitt... alors c'est dire hein!
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Lasource

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De quel Schmidt tu parles, Helmut ? Chavais pas qu'était compoziteur ! Ou Eric Emmanuel, le rigolo ? Ou Renaud ? Ou le vieux Florent ? Un peu vague tout ça ! Pour Jim et les endives, alors là 100 % d'accord sur la même expérience !!! Vous voyez, poi aussi chui un zigue qui prend les commentaires à bras raccourcis !!!
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Pierre

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Du musicien... c'est Roussel qui m'a fait penser à lui.
On ne les écoute que peu et en tout cas pas assez.
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Lasource

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Renaud Schmitt est musicien ! Tu devrais préciser, mille sabords ! Moi je suis perdu dans ce flou !!!