Une passion brûlante.
(Fable à dormir debout)
Dans l’histoire suivante que l’on m’a racontée,
Par la faute d’une allumette n’ayant plus sa tête,
Une chandelle troublante, d’un beau blanc immaculé
S’enflamme, sans crier gare, un beau jour de fête.
Personne ne remarque l’allumette coupable
Même si l’intention, de son point de vue, est bonne,
Le constat, la suite nous le dira, fut plus que déplorable,
Il eut été préférable, dès le départ qu’elle abandonne.
Ainsi, après cet irréparable fait, la mèche allumée,
Fait naître, vaillante, impeccable, une intrépide flamme.
Notre jolie chandelle, sans hésiter, s’est mise alors à flamber
Brûlant, la pauvresse, sans compter son énergie et son âme.
Un feu magnifique, beau et chaud, incandescent,
Brille au dessus de la chandelle ravissante
Et entraîne alors dans son faste flamboyant
Une bougie amoureuse, passionnée, aimante.
Dans cette fusion-passion ils disparaissent tous deux
Le feu ardent dit encor à la chandelle
Quelle est sa vie, son amour, qu’il ne voit qu’elle.
La chandelle, émue meurt doucement, sans adieu.
Quant à la coupable et insouciante allumette
Source, dès le départ, de toute cette histoire
Rabougrie, un peu honteuse, toute en courbettes,
Présente, à qui veut l’entendre, excuses dans le noir !
Moralité, car dans cette fable, il y en a une,
Méfiez-vous, la plupart du temps, des petites têtes,
Elles ont l’air inoffensives et, inopportunes,
Elles peuvent s’avérer dangereuses si elles sont bêtes.
Ainsi sans l’allumette irresponsable
La chandelle serait encor entière, toute blanche,
Trônerait sur la table dans un beau chandelier.
Si un jour vous voulez vous approcher du feu
Il vous faudra commencer par l’apprivoiser
Sinon cela risque de devenir dangereux.
Et ne vous laissez pas emberlificoter.