J’aimais ce jour si morne : un ciel calme et si gris
Que, seul, un vol de merle animait, en goguette,
Et quelques gazouillis de premiers-nés épris
De s’envoler aussi, ne sachant de leur quête
Rien. Mis à part flâner sur le lac et son ris
Qui leur ondulait l’être et, bientôt obsolète,
Quand ils atterrissaient, de restes de souris,
Se gavaient, décollaient comme un trait d’arbalète.
Et puis, ce fut midi, le doux chardonneret
Se mit à déclamer sa tendre mélodie,
A deviser, tout seul, et cela, sans arrêt,
Débitant sa nature et comme on psalmodie
D’un fret, tout le bagage, un voyage inédit :
- Ce jour, je le partage, entre nous, qu’il soit dit.