Il songeait que tout meurt et que le rêve ment,
Vain fantôme penché sur les événements.
La vigne folle y rit comme une lèvre rouge ;
Pour qui donc ce baiser qui se fige et qui bouge ?
Ton corps refleurira dans la neige des lys,
A travers l'encens bleu des horizons pâlis.
Heureux qui peut dormir sans peur et sans remords,
Où le hasard vous mène à la cité des morts !
Le peuple à l'eau pareil, qui passe, clair ou sombre ;
Il n'est pas de printemps au froid pays des ombres.
Penchant ton front qu'argente une précoce neige,
Ô mon cœur, cette main encore sacrilège...
Le temps passe. Tout meurt. Le marbre même s'use;
La chanson qui nous tente est son ultime ruse.
Je crois entendre encor le cri d'un homme libre;
D'où vient ce chant, de quel roseau, de quelle fibre ?
©JIM
Posté à 22h41 le 04 mai 26