Exactement Pierre. J'ai voulu écrire un texte sans auteur, qui sonne bien (ça clinque, tape à l'oeil), et dénué de toute signification et émotion objectives; il ne possède rien, c'est le lecteur qui lui attribue ce qu'il cherche, intelligence et émotion. Le cerveau est une machine un peu bête qui cherche en toutes circonstances à fournir du sens, même où il n'y en a pas; c'est ce qu'exploitèrent les surréalistes.
Sauf les italiques, aucun de ces vers ne sont miens, mais de Heredia, Hugo et Mallarmé, ensemble constituant le panachage. Ces vers sont donc indépendants les uns des autres, issus d'un tirage aléatoire (avec pour seules contraintes la rime et le mètre) et conséquemment décontextualisés.
Oui, j'ai donc singé le machin - cette image narcissique sans épaisseur; une définition du vide.