La poésie sur internet
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Par : Oxalys
L'Association Mères de la Place de Mai (Asociación Madres de Plaza de Mayo) est, en Argentine, l’unique organisation de défense des droits de la personne composée exclusivement de femmes. Depuis quarante ans, elles se battent pour retrouver les membres de leurs familles disparus pendant
la dictature militaire (1976-1983). Ce sont maintenant les grands-mères (las abuelas de mayo) qui ne désespèrent pas de retrouver les enfants, soit leurs restes dans des charniers inconnus, soit toujours vivants, jadis kidnappés, extradés ou adoptés par des familles intègres.
On estime à 30.000 personnes, hommes femmes et enfants disparus dont on célèbre tous les ans en mai la mémoire.
Plaza de Mayo
En 1974 - donc en pleine terreur dictatoriale- le musicien argentin Astor Piazzolla (1921-1992) compose „Libertango“ , sorte d'hommage musical à la mémoire des victimes mortes pour la liberté. Cette musique est aussi le symbole du renouveau du tango argentin traditionnel, lui-même inspiré par les chants et danses des lointains ancêtres africains.
piazzolla
où l'on peut lire, entre autre : El título es, en sí mismo, una aclamación por la libertad musical y por la creatividad.
Les images illustrant cette musique chantée par l'interprète libanaise Hiba Tawaji m'ont inspiré un poème posté pour le concours du printemps des poètes 2026 : Liberté, force vive, déployée
Libertango, forme déployée d'une danse
Mélopée langoureuse autant que survoltée,
Force vive d'un peuple à l'âme tourmentée
Par le souvenir du patrimoine africain,
Héritage transcrit en notes de musique,
A jamais coulé dans le creuset argentin
Qui fut l'un des berceaux de la jeune Amérique.
Née dans les tripots où croupissaient les péons,
La complainte vibre au son des bandonéons,
Son tango se refuse à la chorégraphie.
L'intimité des corps fait sa célébrité,
La danse originelle est sa philosophie,
Sa raison d'être étant l'hymne à la liberté.
Oxalys, 15 mars 2026
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Créativité trop vive, déploiement au-delà des limites du soutenable, message imperceptible car portant sur des faits anciens, oubliés ?
Toujours est-il que la liberté prise -sans IA-, pour poétiser le thème m'a valu une mention „peut mieux faire“. Je remercie Eric d'avoir compris et validé ma participation, ainsi que les électeurs:trices qui m'ont permis de ne pas terminer dernière.
Posté à 18h03 le 04 mai 26
J'avais voté Oui et j'ai maudit le suffrage populaire en découvrant que ce poème déchirant était éliminé.
Posté à 18h13 le 04 mai 26
"Attention : la vidéo comporte des séquences violentes qui pourraient choquer"
Il serait choquant qu'elles ne choquassent point.
Un truc m'échappe: je n'ai vu nulle part de telles mentions scolaires du type "peut mieux faire"... Qui s'est permis une telle fantaisie de jugement ?
Posté à 18h38 le 04 mai 26
Édité à 18h44 le 04 mai 26 par Jim
Pierre
j'ai maudit aussi, puis je me suis ravisée : trop grave la déchirure, trop opaque l'allusion à des faits réels mais anciens, qui ne nous regardent pas -ou plus-
Posté à 09h58 le 05 mai 26
Jim :
je participe volontiers à ce concours annuel quand le sujet m'inspire. C'est la première fois, je le jure, que j'ai pris tant de plaisir à écrire ce poème réunissant à lui seul trois concepts qui me tiennent à coeur : la musique, l'Histoire et la condition humaine.
C'est la première fois aussi que ma participation enregistre un si piètre résultat. Je me suis donc attribué, en toute liberté, ce "peut mieux faire" qui n'engage que moi.

Posté à 10h10 le 05 mai 26
Ton poème m'a touché au coeur.
Aussi parce que Piazzolla est d'origine italienne, comme beaucoup d'Argentins (mucho más que en otros países latino).
Et avec son bandoneon m'enchante depuis longtemps.
P.S. Banniange avait déjà publié un autre
"Les mères de la place de mai"
https://www.lespoetes.net/poeme.php?id=15448&cat=tdm
Avec ensuite une petite modeste collaboration
https://www.lespoetes.net/poeme.php?id=7492&cat=pl
Posté à 18h04 le 05 mai 26
Édité à 19h49 le 05 mai 26 par Ggabrielle
Vittorio, ton commentaire me touche !
Je vois avec satisfaction que l'IA n'a pas encore rendu obsolète ton boulot d'archiviste du site. Vite, avant qu'elle s'y mette : merci de rafraîchir nos mémoires en sortant du placard ces deux poèmes, le premier en particulier, magistral, signé par un poète dont j'ai récemment regretté l'absence -au chat-..
Pour qui aurait la curiosité d'aller lire : les foulards blancs évoqués dans les deux poèmes symbolisent les langes des bébés que la rage des dictateurs de l'époque n'a pas épargnés.
Posté à 10h48 le 06 mai 26
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