Les lire, c'est facile, plus que de les écrire, comme c'est étrange... Sans doute que lire approximativement ne requiert que peu d'efforts, et que l'approximation suffit à contenter l'exigence du lecteur, à supposer qu'il s'en rende compte. Quant à les écrire, c'est simple quand on respecte une règle unique plutôt que de retenir un ensemble de propos abscons, à savoir : que veux-je dire ? Est-ce que ce que j'écris décrit fidèlement ma pensée ? Question qui souvent mène à affiner cette pensée qu'on désire tant écrire, s'il en est une.
Le point nodal - ou sac de nœuds - réside moins dans une paresse - qui est une extrême exigence minimaliste centrée sur le strict nécessaire juste à temps - qu'en une fainéantise inaboutie. Ce n'est donc pas le moindre effort qui est loué, mais la capacité à achever l'ébauche de son oeuvre, aussi primitive soit-elle. Pour devenir champion de foot ou de Jokari, il ne suffit pas d'y rêver, il faut travailler et suer de grosses gouttes alors, pour écrire : "Bonjour, quel beau temps aujourd'hui ? Accepteriez-vous ma compagnie, le temps de quelques pas, jusqu'à cette pâtisserie où je sais que, chaque matin, vous vous arrêtez, avant de rejoindre votre amant du moment?"; c'est pareil.
Cela dit, la solution la meilleure n'est pas toujours la plus courte.
In fine, pour dans le sujet rester, savourons cette réplique de Mme de Sévigné à sa fille lui indiquant qu'elle avait tapé dans l'œil d'un charmant garçon, que pour répondre à son attention : "Encore eût-il fallu que je le sache !"