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[Poème à forme libre]L'hymne à la joie

Par : Jim

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Jim

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Pour quel motif écrire alors, nous savons bien,
Qu'outre flatter l'ego, cela ne sert à rien ;
Se donner d'exister une vague impression,
Se gratter le nexus pour vaine excitation.

On apprend, tout gamin, la récitation,
Un résumé closant une triste leçon,
Quelques règles issues d'ailleurs, d'on ne sait où,
Qu’ânonne un enfant sage, un stupide sait-tout.

Celui qui marche droit, courbé sous la demande,
Aura sa place en l'imposante pyramide,
D'autant plus intégré que son pas pesant scande
La gloire de servir un maître sot, cupide.

Répète en automate, à chaque question,
Ce qu'il est convenu d'énoncer gravement ;
Sans penser, prend l'aspect de la réflexion
Et dis n'importe quoi, qu'importe si tu mens !

Si tu n'es fils de roi, ne vise pas trop haut,
Ne cède pas au chant de sirène mérite !
La vérité d'un titre est de tout chanter faux ;
Pour être heureux, demeure un naïf émérite.

Quoi donc chanteras-tu ? Le triomphe d'un maître ?
Mais pour être Virgile, il faudrait un Auguste !
Nous sommes les moutons qu'un berger envoie paître
Mais, faute de prairies, le progrès l'on déguste.

Divertir, édifier ? Le choix du clapomètre
Révèle le vouloir de la population !
Après l'abrutissoir, voici l'excitation
Laquelle, dans la joie, œuvre à chacun soumettre.

Que chanter, l'avenir, le présent, le passé ?
Sur sa lyre l'aède annonçait le futur
En voyant le moment sur l'ancien s'entasser,
Sur des ruines disant un lendemain moins dur.

Alors chantons ce qui n'est plus, le doux frémir
D'un cœur, d'un sentiment la chaleur, d'un oiseau
Disparu la chanson, la forêt d'un émir
Liquéfiée dans quelques bidons, et sur les eaux

Nos chers déchets qui, comme autant de signatures,
- Notre enseigne ! - sont notre marque de fabrique,
Ce violent poison, l'inaltérable brique
Qui, lentement, œuvre à notre déconfiture.

Chacun développa les gestes et les mots
Liés à sa campagne, où qu'elle se trouvât ;
On sait bien que tout va, quand la culture va.
Et, dans la joie, on fait d’innombrables marmots !

Sur la montagne ou sur la mer, ou bien la plaine,
Le poète chantait le travail et l'amour.
Sa geste décidait que se levât le jour
Et sa sueur ne rimait pas avec la haine.

Les anciennes saveurs ne sont sous du plastique ;
Le rapide repas n'a rien de fastueux
Et le souvenir, seul, nous dit majestueux
Ce truc, mol et grisou, que le zombi mastique.

Il faut chanter ce qui n'existe plus, ce qui
S'efface lentement, chanter le bucolique
Quand la moindre salade offre à tous la colique,
Que c'est trop de grandeur qu'un désir riquiqui !

Je ne peux plus chanter la gadoue à l'entour.
Où sont passés les étourneaux de mon enfance ?
L'agitation du jour ne porte nom de danse ;
Quel est ce grand futé qui nous joue vilain tour ?

©JIM

Posté à 19h38 le 25 déc. 25

Édité à 19h42 le 25 déc. 25 par Jim

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Pierre Lamy

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Waouh !
Tu foutrais le bourdon à un congrès de pétomane.
emot21

Posté à 20h16 le 25 déc. 25

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