La poésie sur internet
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Par : Tontonjacques
Las, où est maintenant ce mépris de fortune ? (...)
Joachim Du Bellay
Las, où est maintenant cette liqueur de prune
Que j’aurais bien juré pourtant avoir planquée
Au fond de mon placard — l’aurait-on confisquée ? —
Ses reflets étaient doux, sa saveur peu commune.
Cette absence insolite est bien inopportune…
Il ne subsiste plus — mystère inexpliqué —
Dans un recoin obscur, qu’un whisky trafiqué :
J’en hurle de dépit comme un chien sous la lune.
Bah, au diable après tout, je m’en contenterai,
Ce tord-boyaux suspect me fera la soirée.
Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse !
Et, regardant suinter le liquide malsain
Comme un glauque pissat dans le fond d’un bassin,
Je lève haut mon verre, et me gratte les fesses.
Posté à 09h38 le 29 nov. 25
L’intrigue est bien menée et l’infâme whisky
-Cette purge aux reflets ambrés d’outre-Atlantique-
Est bien loin de l’Anjou, du Joachim rustique ;
Bravo pour l’excipit aux airs de BukoWski.
Posté à 10h02 le 29 nov. 25
Heureux qui comme Ulysse a consommé la prune
Que planquait au placard le poète Tonton
Posté à 10h08 le 29 nov. 25
Quand on a bu la prune
On a vu sur la lune
Et la page soudain
Se remplit de quatrains !
Posté à 11h14 le 29 nov. 25
L’Écosse n'est pas outre-Atlantique, que je sache (même tenant compte du dérèglement climatique). Aux USA, le whisky s'appelle whiskey, ou bourbon.
Posté à 22h11 le 30 nov. 25
Quelle finesse !
C'est un nom générique (d'autant plus qu'ici, il n'avait pas trop l'air d'un Glenturret...)
Posté à 00h19 le 01 déc. 25
Ça devait plutôt être du made in China, je pense. Il y a du très bon "whiskey" aux USA, le Jack Daniel's par exemple, mais vu la politique de taxes trumpiennes, je boycotte.
Posté à 15h47 le 01 déc. 25
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage (…)
Joachim Du Bellay
Art poétique
Maudit soit le rimeur, féru de beau langage,
Qui, devant un public tombé en pâmoison,
Méprise la syntaxe et la conjugaison
Et fait de notre langue un atroce carnage.
Je ne suis pas épris des mots du Moyen-Âge
Ni des termes savants inconnus du Littré ;
J’adule peu celui qui clame, pénétré
De son œuvre, et agit comme un anthropophage.
Plus qu’un sonnet confus bourré d’absurdités,
Me plaisent la justesse et la simplicité.
Plus qu’un pesant discours, un modeste poème ;
Plus la douceur du soir qu’un froid marmoréen,
Plus un rondeau léger qu’un chant mallarméen,
Et plus que tout, les vers de Maurice Carême.
Posté à 11h39 le 04 déc. 25
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