Les œuvres perdues
(La part des anges)
Dans la pâleur sobre et tendre du marbre
Des envols gravés sont, tels qu'au sol l'arbre,
Par la profondeur du glyphe entravés...
Défiant les siècles
Ils veillent sur leur part d'éternité ;
Ils chantent le vol rapace des aigles
Et l’immensité.
La stèle, enterrée à moitié, sous l'herbe,
Garde son secret ; ici, pas de serpe,
Pas de cité, nul esprit indiscret ;
Rien qui ne dévaste
La vie où, nids de mousse aux cent douceurs,
Se blottissent l'or du sens et le faste
Des sons et ses sœurs :
Rythme, Equilibre, Euphonie et Musique.
Tant de vers divins, d'essence magique,
Dans le silence évaporent leurs vins...