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Génie & venin

Par : Salus

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Salus

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Génie & venin


La vie arrive sans qu'on veuille
Et la mort c'est chacun son tour ; 
Or c'est depuis les cités d'Our
Que notre liberté s’effeuille.

La civilisation s’enraille
Toujours, aiguillonnée au dard
De l'intérêt, puis sans retard
C'est avec mille abus qu'on fraye !

La brute viole mère et fille
Quand tout le reste des gens dort ;
Puis le bourreau tord et retord
Les chairs du peuple, et les lui vrille !

L'Histoire, l'étude et la fouille
Disent la puissance de l'or
Claironnée à cri et à cor
Par cette éthique où tout s'embrouille

Pour que la plèbe qui travaille
Craigne le pouvoir et la hart,
Ostensible Ogre sous le fard
Aveuglant l'humble valetaille.

La plupart du monde est tranquille
Et l'existence est difficile :
Vivre est leur unique recours
Aux duplicités des discours...

N'eut-il mieux valu que l'on choye
Le sort donné ? Tel l'oiseau saur
N'eussions-nous pas pris notre essor
Vers le bonheur, cette humble moye

Dans la dure pierre de taille
Par les rois encore et encor
Hourdée en murs pour pur décor
Dont seul un grand mirador saille ?

Pire : la piétaille qui grouille
Espère en quelque affreux mentor,
En un Loki cruel, un Thor,
Quelque Wotan qui l'écrabouille !

Sans maître le mental défaille !
Il nous faut un impérator,
L'ordre d'un Christ pantocrator
Pour que rien en nous ne déraille !

C'est notre éducation qui veille
A cette obéissance vieille,
Le libre-arbitre nous effraye :
Nous préférons que l'on nous traye !

Une attitude veule et vile
Qui n'apporte aucun réconfort ;
Il est plus que temps que l'on voye
Ce qui pourrait nous être offert
Si l'on tendait plus notre effort
Vers un futur fait de saphir
Où nul ne se ferait ravir,
Sous la férule de l'enfer,
Par la loi, dont le fort est fier,
Le peu qu'il a, son lieu - qu'on pille -
Avec le meurtre, seul moteur,
Celui du bébé qui babille,
Celui du frère et de la sœur.

...Où battrait droit l'immense cœur
De l'être humain, comme un trésor
De douceur sage et de tussor,
Pour fabriquer, sans traquenard,
Un monde bon.
Mais il est tard !


La vie arrive sans qu'on veuille
Et la mort, c'est chacun son tour ;
Or c'est depuis les cités d'Our
Que notre liberté s’effeuille...




("Choye" "traye" et "voye" sont des licences, sonorement grammaticales)

Posté à 08h55 le 26 sept. 25

Édité à 18h14 le 27 sept. 25 par Salus

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