Au jardin les jets d'eau, sveltes arbres d'eaux blanches,
Dont se joue un oiseau qui jase dans leurs branches,
Un astre, veux-je dire, à mon amour pareil
(Chacun aura compris qu'il s'agit du soleil !),
Les jets d'eau, retombant diamants en avalanche,
Ont au ciel pris l'éclat de vos regards pervenche,
Madame, et je me sens, comme l'huile au chaleil,
Brûler de me rêver près de vous, au réveil !
J'imagine au déduit votre corps de sirène,
Votre flexible cou et votre port de reine,
Au milieu de l'Eden fluant de vos cheveux...
Dans mes paumes vos seins se lovent comme pommes ;
Plus bas, près de la source où s'enchantent les hommes,
S'annonce l'autre jet du verger que je veux...