Indios

Par : Salus
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Salus

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Indios



A Saïda de Mexico,
Bonne adresse, indienne ex æquo
Avec les princesses Olmèques
Malgré ses cinquante ans et quelques !
La superbe âcre, le mot dur,
Née à Mejillones Del Sur,
Au jacal chilien de misère
Plein de camanchaga côtière !

Dans son antre, à Chapultepec,
On y retrouve tout le nec
Plus ultra de l'immense ville :
La zone, franche, et la plus vile
Gens, sacripants purs des barrios,
Qui, jouant les imprésarios,
Lui font une cour de vedette
- Ils sont là pour payer leur dette,
Putains, fripouilles, toxicos,
Piller son herbe et ses tacos !

Elle, précolombienne en diable,
Triant, l'un ou l'autre, fiable,
L'éphèbe torve, ou le vieux blanc,
Distribue, en trois coups de sang
La bienvenue ou l’âpre opprobre !
Et comme nul, ici, n'est sobre,
C'est ivre, aux vapeurs de "mota",
Qu'admis l'on reste - ou qu'on s'en va -

En tojolabal, elle ulule
L'imprécation, pour qu'elle brûle
L'indélicat baissant les yeux,
Banni pour un temps de ces cieux
Mansardés, qui sont l'empyrée
Où règne la reine admirée
De ces urbains "cangaceiros"
Dont on voit - maigreur - saillir l'os,
Gueux venus des favelas glauques,
Pedibus, drapés dans leurs loques,
En zapatas de pneu, c'est l'us,
Car sans ticket - métro ni bus.

Des enfants sont, avec leur mère,
Sur quelque couverture, à terre ;
Chaque pièce est pleine à craquer,
De l'arche où l'on peut embarquer,
Cavale, faim, meurtre ou psychose,
Pour mainte et mystérieuse chose,
Pourvu qu'on soit, de Saïda,
Adoubé d'un regard, oui-da !

Dans un coin, ça tousse et ça racle,
L'indienne a promis le miracle :
Un passage de médecins,
Qui lui doivent, de ses deux seins,
Le souvenir impérissable !

C'est un lieu de vie assez stable
Tournant dans le capharnaüm
De son matriarcat ; maelstrom
Sis en l'énorme mégapole
Où la pauvreté preuse épaule
La misère - avec quel brio.

Comme d'un fleuve le rio
Epure un peu le débit fauve,
Saïda trie - et pourtant sauve
Tout un chacun dans ses façons
De pêcher, comme des poissons,
Les malheurs plus gros que la maille
Donnée aux rets dont elle taille,
Fibre humaine où l'âme est liant,
Le fil solidaire et violent.



Calle de Toledo, Mexico city













Ce message a été édité - le 27-09-2024 à 19:26 par Salus
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Oxalys

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Attirée par le titre, j'avoue avoir eu du mal à tout comprendre, mais grâce à Google...
Si vous y avez séjourné pour de vrai, c'est un miracle que vous en soyez revenu indemne pour nous faire ce reportage estupando !
Sinon : me quito el sombrero y le envío un cordial saludo
👋
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Salus

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C'est du vécu, Dame Oxalys, même si j'ai "tordu" certains faits pour les poétiser.
Merci pour le coup de chapeau.
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Lau

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Ca sent le tacos et le gun
La patate et le guacamole
Et ce qu’on trouve un peu moins fun :
Dénaturer le pozole.

Sans déconner, c'est la classe !


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Hellian

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Très fort et très beau. Comme Oxalys,, j'avoue que ma compréhension a parfois été mise en défaut, mais peu importe, la musique et là qui vient au secours de l'intellect.
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Salus

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Merci pour cet accueil, qui me touche
(Et, cher hellian, je maintiens que tout comprendre n'est pas une nécessité absolue pour apprécier un poème, et je déconseille même de sauter compulsivement sur le dictionnaire ou sur google ; le sens général permet à l'imaginaire du lecteur une fabrication d'images parfois plus riche d'être personnelle ; les "détails" viendrons plus tard...s'ils adviennent !

Saïda, tu l'entendais hurler des imprécations à deux rues de distance ; dans sa jeunesse, elle avait braqué les flics qui venaient l'arrêter, et fait pas mal de tôle mexicaine, un modèle du genre... N'empêche, marante, et une énergie du tonnerre, et puis futée, avec un cœur gros comme ça...



Ce message a été édité - le 29-09-2024 à 16:24 par Salus