Le jardin de l'amante

Par : Jim
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Jim

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à MC2

Je suis dans le jardin de la rose que j'hume
Pétales de velours elle a le pistil bleu
des aubes accrochées aux nuées qui s'allument
le doux suintement d'un corail fabuleux

Un cocon de senteurs autour d'elle consume
l'humidité de l'air au trouble nébuleux
comme une étoile au loin que le cosmos exhume
dans son aura tremblée de son lointain frileux

Elle est l'unique fleur en son sous-bois secret

En son centre elle éclot En son entour tout germe
La forêt se dressa pour que naisse la source
Et sa tige fragile en soi maintient la course
Se levant face au ciel chaque matin plus ferme

Je suis dans le jardin à la grotte nacrée.

©JIM
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Arielle

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Avec bien moins de grâce et d'élégance Johnny H. nous chantait déjà son "jardin d'amour"
Bravo à MC2 qui fait se lever
"face au ciel chaque matin plus ferme"
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Machajol

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La mante religieuse

Ne va pas manger son amant
Ne va pas nier son amant
Au bénitier de l'église du quartier

Ni dévorer à tout moment
Le corps fragile du volatile

L'amante religieuse
Lisse ses belles ailes
S'envole vers son prince
Dans la forêt d'émeraude

Où à tout va elle maraude
A la recherche de beaux fruits
Non défendus du bel amour
Chutt, sans bruit...
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Oxalys

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Ce jardin de l'amante ressemble un peu à celui d'Aminthe, visité jadis par Voltaire. Mais avec un arrosage contrôlé, mieux adapté à la fertilité de la terre.

https://lespoetes.net/poeme.php?id=2455&cat=ph

Ici la polissonnerie se fait tendre et suggestive.

Ce poème mériterait une place d'honneur parmi ceux consacrés au thème du mois de juillet '24 car il a le courage d'évoquer la seconde définition, jusqu'à présent passée sous un chaste silence.



Ce message a été édité - le 10-07-2024 à 14:54 par Oxalys
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Salus

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J'hume
T'humes
L'hume
Nous zhumons
Etc.

Le problème avec toi, c'est que tu POURRAIS écrire des choses superbes, mais que ta nonchalance naturelle te pousse à la facilité.
(Tant pis, c'est sympa quand même)
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Jim

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Merci du... compliment, Sire de Salus !
Je rétorque par:

HERNANI


Oh ! tu pleures ! tu pleures !
Et c’est encor ma faute ! et qui me punira ?
Car tu pardonneras encor ! Qui te dira
Ce que je souffre au moins lorsqu’une larme noie
La flamme de tes yeux dont l’éclair est ma joie !
Oh ! mes amis sont morts ! Oh ! je suis insensé !
Pardonne. Je voudrais aimer, je ne le sai.
Hélas ! j’aime pourtant d’une amour bien profonde ! —
Ne pleure pas ! mourons plutôt ! — Que n’ai-je un monde ?
Je te le donnerais ! Je suis bien malheureux !

DOÑA SOL


Vous êtes mon lion superbe et généreux !
Je vous aime.


Ce « h », tout comme ce « Lion » là, me vaudra-t-il une bataille ?
Un aspiré pour une diérèse n'est pas l'abandon d'un royaume pour un cheval ! Hernani, oui ! Richard III, non !

Noter l'astuce, fréquente chez Racine et reprise par Totor, de conjuguer « savoir » en rime avec « insensé ». On était facilement trans nombre à l'époque...



Ce message a été édité - le 13-07-2024 à 15:18 par Jim
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Jim

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Je n'avais nullement, Oxalys, songé à l'Aminthe olé ! olé ! du galopin Arouet. Bon versificateur, il était meilleur botaniste que poète. Merci de ce rapprochement car parfois, je fléchis vers ce diable d'homme, qui eut la faiblesse d'être tant humain qu'intelligent - la palme étant attribuée cependant à sa copine du Châtelet.



Ce message a été édité - le 13-07-2024 à 15:28 par Jim
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Jim

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Je dégusterais bien, Macha, un thé à l'amante, en toute religion... Hymen !

"Sit amet in alveo !" dixit Iacchus Germanicus. 😊



Ce message a été édité - le 13-07-2024 à 15:42 par Jim
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Jim

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La poésie, Arielle, est souvent l'art de dire sans dire. Et nous dirons que MC2 libère beaucoup d'énergie ! 😊
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Salus

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Tu plaisantes ?
Chez Hugo et les autres, la licence reste exceptionnelle, je ne compte pas moins de sept entorses dans ton sonnet !
(Sans compter la répétition, prohibée dans cette forme exigeante)



Ce message a été édité - le 13-07-2024 à 22:22 par Salus
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Jim

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Je ne fais que reprendre ton propos... Si je plaisante ? moi, oui; répond le nonchalant.
La conformité, je m'en tamponne, comme dit Lau. En tant que postulant poète, je suis par essence licencieux, c.à.d. libre, non lié et n'appartenant à aucun maître ni école. Si poien signifie créer, je suis à bord de ma page seul maître avant Dieu. 😊

Les entorses, autrement dit les écarts à des règles qui n'apportent rien d'autre que de l'autosatisfaction performative.

1. Rimes des deux premiers quatrains alternées au lieu d'être embrassées
2. « h » aspiré exécuté afin que « j'hume » sonne comme « j'aime »
3. absence de ponctuations
4. sixain explosé
5. son quatrain central uniquement féminin
6. schéma de rimes abccba, ni français ni anglais, mais présent chez le grand imité Pétrarque
7. la rime des deux vers encadrant ce quatrain viole la conservation du genre, aïe !
8. Les « e » visuellement présents en fin de mots ne se prononcent pas puisqu'élidés, ils ne sauraient donc compter pour une syllabe, ce qui est conforme à l'énonciation contemporaine. (vers 3, 8)
9. faible hiatus à l'hémistiche du dernier vers.

Répétition ? « Loin » et « lointain » ne constituent pas une répétition, bien que de même étymon.



Ce message a été édité - le 13-07-2024 à 22:39 par Jim
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Salus

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Bien sûr, tu fais exactement ce que tu veux, et la qualité d'un poème n'est pas dans sa conformité ; je déplore simplement la facilité qui consiste à simplifier la versification, laquelle me paraît plutôt s'enrichir, de siècle en siècle, en se complexifiant.
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Jim

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... de la musique avant toute chose, voici le principe de base. Le reste n'est que littérature et mots croisés. 😊
Prônons l'exigence de souplesse plutôt que celle de rigidité.



Ce message a été édité - le 13-07-2024 à 22:46 par Jim
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Salus

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Bien sûr, tu fais exactement ce que tu veux, et la qualité d'un poème n'est pas dans sa conformité ; je déplore simplement la facilité qui consiste à simplifier la versification, laquelle me paraît plutôt s'enrichir, de siècle en siècle, en se complexifiant.

Et tu en rajoutes à l'envie, car le sonnet irrégulier admet les rimes alternées ; l'absence de ponctuation n'est stipulée nulle part dans les règles du vers régulier ; l'organisation des tercets est un paramètre insignifiant, même si, oui, leur alternance n'est pas respectée et il n'y a pas de hiatus au dernier vers, mais j'ai aussi remarqué cette faiblesse du vers régulier, et, dans mes textes, tu ne verras jamais suivre d'une voyelle les sons en "on", "an" "in" etc. sauf s'ils se lient naturellement ("en imitant", "un bon ami", mais pas "artisan outrecuidant" ni "caïman épouvantable") ainsi, j'essaie d'apporter une contribution logique à l'histoire du vers, et si tu penses vraiment que la versification, qui se peaufine depuis presque deux mille ans, ne sert qu'à "l'autosatisfaction performative"...et bien, encore une fois c'est ton droit le plus strict, car dans notre beau pays, on peut à la fois se servir des règles et cracher dessus, sans risquer, Dieu merci, la lapidation et autres joyeusetés, mais ne t'en fais pas, je ne compte certes pas te poursuivre de mes assiduités, mes remarques étaient fortuites, je ne comptait même pas te vexer.
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Jim

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Mais je ne suis pas vexé. Et j'espère ne pas t'avoir vexé par mes taquineries, loin de moi pareil but ! Si tel était le cas, je te présenterais par avance mes plus plates excuses : vois combien brille désormais le parquet à tes pieds !
Cela dit, pas d'accord sur les tercets dans le sonnet. C'est là que ça se corse, les quatrains étant récupérés à l'identique chez Pétrarque par Marot et Pelletier du Mans. Ces deux là ne diffèrent que par le fait d'être embrassés pour l'un, alternés pour l'autre, en sus d'un distique placé en début de sixain, ce qui distingue le français de l'anglais. Régulier ou non, peu me chaut ! on voit déjà que les initiateurs divergent... Ensuite, transgression constructive, Ronsard introduit l'alexandrin, puis la notion de genre alterné... A l'époque, ça rue dans les brancards ! Il faudra attendre le Romantisme et ses suites pour introduire un peu de sauce anglaise - Baudelaire, Mallarmé - dans le sonnet en s'autorisant le distique en fin de sixain; waouf! quelle audace! et Hugo de jouer avec la diérèse du li-on superbe et généreux, et de tordre le cou du 6/6 pour jouer du 4/4/4 (Lamartine le devança, NDR) Puis Rimbaud s'amusa avec l'hétérométrie.... jusqu'à la prose illuminée... Alors, quelles sont les références stables, si tant est qu'il en exista un jour ? sachant qu'à l'exemple des grands, il est bon qqs fois de bousculer les habitudes par allègements plutôt que rajouts. Alléger n'implique pas dégrader, de même qu'alourdir enrichir ou améliorer. La Renaissance, découverte des anciens, ne fut pas que leur imitation, elle fut dépassement sur cette base. (j'ai pas osé dire refondement, considérant la connotation que ce mot subit de nos jours par les jeteurs de néant). En musique, des formes apparurent : concerto, sonate, symphonie, etc. Puis le Jazz secoua le cocotier.

Sinon, détail, "à l'envi de", sans "e". De plus, "rajouter à l'envi" est redondant, puisque "à l'envi" signifie déjà ce rajout, cette surabondance. "envi" est une invitation par exemple à rejouer aux dés, tandis que "envie" exprime un désir, par exemple, de jouer aux dés: j'ai envie de claquer ma fortune aux dés, pour cela, j'y joue à l'envi.



Ce message a été édité - le 14-07-2024 à 00:56 par Jim