De l’évolution des religions
Cinq cents ans avant, c’était nous ;
On cassait les dents, les genoux
Des apostats, des agnostiques,
Nous qu’on suçait, comme les tiques,
Le sang de ceux qui - pas christiques,
Offensaient Dieu d’être trop mous.
Hélas ! Les nuages m’émeuvent
Autant que les larmes m’en pleuvent ;
Les religions, ça fait des morts !
Sont-ils donc nuls, ces Grands Cadors
Dormant profond sur tous leurs ors,
Pendant que des veuves s’étuvent
Au vide hammam lacrymal !
Monothéisme, fleur du mal,
Diabolique invention qui tue,
Ton dogmatisme perpétue
Cette horreur, aux anciens dieux due !
… Flots d'hémoglobine du Graal,
Et qu’un sexe d’homme demeure
Aux démiurges ! Surtout, qu’on meure
Encor percé des sceptres durs,
En chantant, des pieux, l’orémus !
Bâtissons bien d’atroces murs,
Et baugeons ! Trempons loin la hure
A l’obscurantisme béni
Où ne luit pas de question, ni
D’espoir autre que la croyance
Inepte en la parole rance
D’un Très-Haut, plein d’intolérance,
- Un discours plat, bramé, henni !