Il n’y a point de sots métiers, et pourtant…
Deux enfants qui croyaient
En l’avenir, à leur bonne étoile,
Sous le chêne vert qui avait béni
Leur idylle, ramassaient
De l’aube au couchant
Les glands les plus beaux,
Qu’en mets délicats ils servaient.
On venait de loin savourer
Au fruit de leur labeur.
Mâchoires, écuelles et hanaps
Cliquetaient en satisfaction
Des panses bien nourries,
En bonheur de l’instant.
Il y a des lendemains qui clament
La détresse des cœurs lourds.
Au piano, le couple en dissonance
Ne s’accordaient plus et, muets
Sans comment ni pourquoi,
Se déclarèrent bientôt la guerre.
Les convives d’hier s’égaillèrent
- L’amitié humaine ayant ses limites -
En d’autres chaudrons et crachèrent
Leur morve autour de quelques pots.
Par la glandée, un cochon sauvage
Bas du cul, les soies luisantes,
Bavant et suant, mâchouillant
Ses chicots en terrain conquis,
Ne connaissant que les puanteurs
Des bauges, mandaté par la vermine
De ce bas monde, chassa sans ménagement
De leur domaine les deux enfants désemparés.
Leur fardeau sur le paillasson côté poubelles.
Le porc brutal dans ses remugles se saisit
Sans attendre des clefs, pressé de faire sien
Le nid en débâcle. Souvenirs intimes
Jetés à la vindicte d’une harde de curieux
Et de profiteurs qui, hier encore, se bâfraient
Entre deux bonnes bouchées d’hypocrites amitiés.
Le 02/08/2011