Quand du petit matin s'aperçoit la croisée,
Se presse alors le pas, jusqu'ici nonchalant.
L'if est là, qui s'incline en hommage au couchant.
Et l'ombre qui s'étire, inspire la pensée...
De douce brume, au loin, se pare la vallée.
Le long du grand serpent que nos rêves arpentent,
En souvenir de ces lendemains qui déchantent.
Sonne angélus! Glas d'une souffrance imméritée.
Une pierre, un arbre; ici reposera l'âme délivrée
Du pèlerin que le désespoir a fait pauvre hère.
Ni foi, ni loi, il y a même perdu son divin père,
Et de la vie ne retient que la mort tant espérée.
Il est temps! L'herbe est grasse et la branche sure.
Nu comme au premier jour, il est déjà sur le rocher.
La corde se tend, le cou se brise et le vent murmure
le chant du damné pendu à la croisée du pêcher...