Merci Miouz
Si Titouan était encore en vie, il le devait aussi à Naïa. Quand sa température atteignit le seuil critique, incapable d’esquisser le moindre mouvement, la Sirène le maintint à la surface. Lorsque descendit la civière-flottante, elle s’immergea pour soutenir discrètement le navigateur et faciliter la tâche du plongeur-sauveteur.
Rassurée sur le sort du bipède qui lui avait fait découvrir une ivresse inattendue, elle adopta la position la plus hydrodynamique possible pour cingler à grands coups de queue vers la Baie des Trépassés, entre la Pointe du Raz et la Pointe du Van, face à l’Île de Sein. Elle brûlait de raconter cette aventure à sa génitrice qui y passait le plus clair de son temps.
Naguère, cette sirène chevronnée avait elle aussi goûté au piment d’une liaison contre nature. Avec un quartier-maître clairon. Comme tant d’autres avant lui, le brave n’avait pu résister à l’appel des ensorcelantes vocalises. Mais avant de s’abîmer dans les profondeurs océanes, il avait eu le temps de concevoir Naïa.
De sa maman, notre sirène préférée avait hérité la morphologie, l’adaptation à la vie aquatique, le sex-appeal et la voix de soprano colorature. Elle devait à feu son géniteur l’usage de la parole, le romantisme et quelques capacités inhérentes.
Ce message a été édité - le 26-04-2022 à 12:56 par Pierrelamy