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Philo : Et si faire vœu de pauvreté était une erreur...

Par : Clementcheylan

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Clementcheylan

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Présentation :
Se désapproprier de ses biens. Faire vœu de pauvreté.
Voilà qui est louable me direz-vous ! C’est généralement ce que l’on pense, mais qu’en est-il vraiment ?

Texte :
Il me semble que notre identité résulte au moins en partie de ce qui nous entoure. Nous avons tous quelques objets ayant appartenu à des êtres chers, importants, qui ont contribué à construire ce que nous sommes devenus. Les objets que nous aimons et ceux de notre quotidien sont révélateurs de notre identité. S’en désapproprier, s’en défaire , c’est d’évidence esseuler une partie de soi.
La terre aussi a son importance, je veux dire le lieu où l’on a grandi, vécu. Être privé par la vie de la terre ou l’on est né, c’est être déraciné, c’est laisser à jamais une partie de soi que l’on n’emporte pas.
Alors attention avant de jeter, de se désapproprier de tout, pensons bien qu’en même temps c’est une partie de nous que nous abandonnons.
D’autre part, le vœu de pauvreté me parait être un non-sens. Être pauvre volontairement, c’est devenir dépendant de l’autre. C’est compter sur sa gentillesse, alors que l’on pourrait être autonome. Et même sans cette curieuse idée de pauvreté on pourrait devenir, lorsque cela se présenterait, un soutien pour l’autre.
Il me semble que l’idée de désappropriation viendrait de ce que l’on possède mal.

Les antiques nous donnent un exemple.
Le cynique Diogène considérait qu’il ne fallait garder que l’utile. Un jour, en voyant un enfant boire dans ses mains, il jeta son propre bol le jugeant inutile. Le stoïcien Marc-Aurèle prenait les choses pour ce qu’elles sont. Une cuillère en or n’a d’intérêt que si elle est pratique, voilà toute sa valeur.
Les épicuriens eux, sont dans l’idée du plaisir dans la frugalité. Ne compte vraiment que ce qui est naturel et nécessaire. Pour un épicurien, le plaisir est une bonne chose, mais à condition qu’il n’engendre pas un déplaisir plus grand, du vin oui, mais trop non !
Nous pouvons remarquer que pour des personnes vivant comme ces philosophes, c’est-à-dire en ne gardant que l’utile, avec cette simplicité de ne considérer les choses que pour ce qu’elles sont, et avec le souci du naturel et du nécessaire en plaçant le plaisir comme souverain bien, il me semble que pour ces gens-là, les mots de désappropriation ou de vœu de pauvreté n’ont pas de sens.

Je dirai pour conclure que la pauvreté n’est pas un but à poursuivre et qu’il est bon d’éprouver le plaisir de ne point manquer.
La richesse ne dépend pas de notre fortune mais de notre capacité à apprécier, à aimer, et surtout à se contenter de ce que l’on a.

Voilà.

Posté à 13h21 le 02 avril 22

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