J'aime laisser aux lecteurs un espace de liberté, selon qu'il posera sa respiration ici ou là, sa lecture sera différente Bon..
Pour Rodes uniquement une version avec tout pleins de poins, virgules et autres décorations imprimeuses
Millepertuis et groseilliers
En haie, me frôlent la taille
En une dernière révérence.
Les pots en déconfiture,
Dans la poussière de la cave
Attendront si longtemps,
Que les fruits trop mûrs
Pourriront parmi les graminées
Et les herbes folles rongeant la terre.
Les pots de grès ou d’argile privés
Des couleurs chantantes du printemps,
De leur cœur vidé, vomissent en chapelet,
Scolopendres et limaces gluantes.
J’entends les oiseaux accrochés
Aux bouleaux... et au saule
Mes confidences d’antan. Et crissent
Encore mes ongles dans le liber.
Les iris jaunes ou mauves n’auront pas fleuri
Au bassin; un filet d’eau y finit de croupir.
Un mouchoir à son fil frémit en adieu.
Dans la buanderie, oubliés aussi,
Des jouets d’enfants et leurs rires.
Sur trente années de ma vie,
Chantant aussi fort que le rossignol,
Je pose le couvercle de fer cabossé
De la vieille lessiveuse maintenant inutile.
Je remonte tranquille, l’allée de graviers.
Lierre, glycine et clématite grignotent
La maison recroquevillée sur son silence.
Le seringa disperse à la brise,
Ses pétales en neige odorante.
Le chèvrefeuille, lourd aussi de parfum
Court sur le toit du garage.
J’arrache dans un élan de rage
Et d’attendrissement tout à la fois,
Une branche que je glisse sur mon sein.
Un baiser sur la truffe de mes chiens,
Puis je froisse entre mes paumes, le jardin,
Comme on ferait d’une feuille morte
Et le jette au composteur de mes souvenirs.
Eve, mes chiens sont entre de bonnes mains, Pas de soucis pour eux
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