Assis place 24 du second wagon, je me réjouis d'être à une table de quatre
Finalement, seules trois des quatre places trouvent preneurs
Nous voilà alors colocataires d'intercité, le temps d'un voyage, ou qui sait peut-être plus
Il y a encore quelques places vides dans ce train
Logique, il y a ceux qui ont le mal des transports
Ceux qui préfèrent la voiture
Et ceux qui n'ont jamais voulu y monter
Le train démarre et à ma table de quatre, ou plutôt de trois, on joue aux cartes
Un jeu dont les règles ne sont pas vraiment bien définies
Alors on est là, à faire semblant de savoir jouer
L'un pense connaître les vraies règles
L'autre est persuadé de connaître les vraies règles encore mieux que celui qui pense connaître les vraies règles
Moi, je comprends surtout qu'il manque une quatrième personne pour pouvoir jouer
Y a aussi ceux qui ne sont pas assis à notre table, qui ne font rien d'autre que de nous regarder jouer aux cartes
Et il va vite ce train, anormalement vite
On pourrait le voir à la rapidité à laquelle défile le paysage, mais on ne le regarde pas
On pourrait l'entendre aux grincements des rails, mais on ne les écoute pas
Les puissantes secousses et les bouteilles du bar qui se fracassent contre le sol pourraient être d'autres indices, mais on reste concentrés sur notre partie de cartes
Tellement concentré que je mets longtemps avant de me rendre compte que le train se vide petit à petit
Il y a ceux qui sont descendus aux stations précédentes
Ceux qui ont changé de wagon
Et ceux qui ont sauté
Mais ça se comprend, il semble tourner en rond ce train
Et à vrai dire, je crois que dans le fond on a même oublié où on allait
Moi, qui sait quand je descendrai
J'y ai déjà songé, descendre le temps d'une escale, ou peut-être plus
Finalement je suis toujours là, c'est une chance d'être à bord
Y a pas de raison de descendre
Alors pour l'instant, je préfère débuter une nouvelle partie
Mais cette fois-ci, et si on redéfinissait les règles du jeu ?
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J'ai repris un texte écrit par le comédien Omar Mebrouk mais qui ne me parlait pas vraiment. Certainement trop imagé, pour moi en tout cas, je n'en ai pas toujours compris le sens. Je l'ai donc ré-écrit à ma manière, mais il conserve toutefois des similitudes avec le travail d'Omar (il faut rendre à César...).