Rêveries à Istanbul.
Dans le Grand Bazar d’Istanbul,
Un marchand d’illusion
A vous faire devenir maboul,
Un vendeur aux mille bonbons.
A l’intérieur de la boutique,
Le miel, la noix, le fruit.
Les senteurs fantasmatiques,
De l’enfance et des sucreries.
Fermez les yeux un instant,
Des volutes d’encens
Comme dans un conte oriental,
S’évaporent lentement d’un bocal.
A l’allure discrète, entre un poète,
C’est sans doute Nazim Hikmet,
Revenu de sa longue épopée,
Chantant l’Espoir, l’Amour et la Liberté.
Ouvrez les yeux, il a disparu.
Les volutes aussi n’y sont plus,
Reste le marchand, les fruits confits,
Constantinople et Sainte Sophie.
Et au loin la sirène d’un bateau
Sur le Bosphore semble dire
Que dans les miroitements de l’eau,
Une histoire encore peut naître et surgir.
Car apparaît quelquefois une ombre présente,
Dans le Grand Bazar qu’il hante,
Un reflet sur la vitrine d’une boutique,
C’est celui de Soliman le magnifique.