Mon sergent-flingueur
Songe à la douceur
D’aller massacrer ensemble !
Tuer par plaisir
Violer et occire
Dans l’armée qui te ressemble !
Les soleils souillés
De ces ciels troués
Pour ton esprit ont les armes
Si meurtrières
De ta cohorte entière
Hurlante de gendarmes.
Là, tout n’est que désordre et saleté
Ruine, chaos et cruauté.
Des soldats mourants
Rongés jusqu’au sang
Souffriront de leurs membres ;
Les rares tirailleurs
Criant leur horreur
Aux tranchées de novembre,
Les sinistres canons
Les charges de plomb,
La terreur sépulcrale
Tout y parlerait
A l’arme déchaînée
Sa cadence infernale.
Là , tout n’est que désordre et saleté
Ruine, chaos et cruauté.
Vois sur ces boyaux
Se tordre les manchots
Dont l’aspect est immonde ;
C’est pour assouvir
Ton moindre désir
Leur âme est moribonde.
Les anciens combattants
Arborent tous les ans
Leurs médailles, leurs croix de guerre,
Devant le monument aux morts ;
Le drapeau tricolore
A de quoi être fier
Là-bas, tout n'est que désordre et saleté
Ruine, chaos, et cruauté.