La poésie sur internet
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Par : Morpheus
Un jour que le soleil illuminait, naquit Claude ; frêle, le teint blanchâtre, et léger comme une plume. Abandonné, seul, le chétif Claude vagabonda au gré des vents, sans trop savoir pourquoi. Parfois il s’arrêtait et contemplait les environs, émerveillé, les rayons du soleil caressant son immaculée chevelure. Mais un jour qu’il parcourût un long chemin, il s’arrêta au milieu d’un groupe, qui comme lui voyageait. Le chef du groupe, imposant, impressionnant, interpela Claude. « Dis-moi petit, sais-tu au moins ce qu’ici nous faisons ? ». Claude, tétanisé, ne savait pas quoi répondre. Le chef le poussa alors hors du groupe et, de colère, gronda. Claude fut projeté au loin et, attristé d’être ainsi rejeté, fixa le groupe, au bord des larmes. Il n’en voyait plus qu’une masse informe à l’aura hostile qu’il se résolut de fuir. L’ondée qui se mit à tomber le conforta dans son idée. Où était donc passé cet environnement familier et agréable, noyé de la lumière du soleil qu’il chérissait tant ? Il se mit alors à y rêver et sombra dans le sommeil, couvert du manteau sombre de la nuit. Claude fut réveillé par les douces caresses du soleil. Un rapide tour d’horizon lui suffit à se rendre compte qu’il s’était endormi à l’endroit même qu’il rêvait tant : il flâna donc, bercé d’une douce brise, quand un souffle discrètement l’appela : « Eh ! Oh ! ». Il fit volte-face et se retrouva nez-à-nez avec un étrange individu, d’une pâleur semblable à la sienne mais d’une maigreur surprenante. Il reprit : « Alors, tu profites d’une vie au jour le jour, comme moi ? » Claude ne savait pas quoi répondre. Il ne savait pas réellement ce qu’il faisait là, il s’y sentait simplement bien. « Allez, suis-moi ! » continua l’autre. Claude, hébété, se laissa entraîner. Il partagea donc l’oisive existence de ce maigre inconnu, qui du matin au soir dans le jour baignait et sombrait dans la nuit noire du soir au matin. Mais, las de cette existence, Claude décida un beau matin de quitter cette terre si calme, où il s’était pourtant senti si bien. Il errait donc de nouveau, comme il en avait l’habitude, mais il ne trouvait toujours pas environnement qui lui convienne. Désespéré, il commençait à pleurer, de trouver le monde si triste. Il repensa alors au chef du groupe qu’il avait croisé par le passé et à la façon dont ils l’avaient mis à l’écart, puis à l’inconnu qui l’avait chaleureusement accueilli. Son teint devint sombre lorsqu’une idée noire le traversa : il partit à la recherche de l’inconnu, qui plus tôt l’accompagnât. Le zéphyr soufflait fort, le portant sur la terre qu’il avait tant aimé. Il y trouva l’inconnu, qui paresseusement rêvassait, n’ayant même pas reconnu Claude tant il s’était assombri. Claude, résolu, lui imposa alors son humeur maussade. L’inconnu, toujours dans sa torpeur, perçu de Claude la noirceur et, sans même l’écouter, disparut, loin de son envahisseur. Claude prit donc la place de l’inconnu et ses larmes déversa, à cause de l’idée qu’il se faisait du monde. Les peuples qui se trouvaient sur la terre ferme furent arrosés de la pluie du nuage, à laquelle ils s’habituèrent vite. Claude, les surplombant, ne cessera jamais de pleuvoir, tant qu’il en aura le pouvoir.
Posté à 13h01 le 25 août 18
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