Pour aller

Par : Antigone
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Antigone

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POUR ALLER

Pour aller jusqu’à lui, j’ai suivi des chemins
Qui menaient vers le seuil de mes incertitudes :
-Un regard, un sourire, un baiser sur la main
Ont eu raison de moi et de ma solitude-

Il était devant moi et brillait dans ses yeux
Comme un « je ne sais quoi » qui vint troubler mon âme…
…Plus rien ne fut pareil sous la voûte des cieux
Et mon corps fasciné s’ouvrit tel un sésame.

On s’est aimé longtemps et, pourtant, il me semble
Qu’au miroir de nos cœurs le temps s’est vite enfui.
Le silence a scellé -j’en ai la voix qui tremble-
Celui que j’ai aimé et me manque aujourd’hui.

Mille fois, j’ai relu le livre aux souvenirs
Et retourné cent fois le sablier-histoire,
Dans des ruines de bleu, je cherche encore son rire
Qui fusait facétieux, au vent de ma mémoire.

Si j’ai chanté des mots avec mes yeux de femme,
La pluie gifle à présent mon cœur tel un fouet
Enlarmant mes amours jusqu’à sevrer la flamme
Que l’oubli a jeté vers l’écho qui se tait.

Au trébuchet des nuits, l’aiguille à la pendule
Se promène sans fin et s'y perdent mes pas ;
Mon hiver n’est plus loin… J’attends le crépuscule
Où je pourrai, enfin, le retrouver là-bas…

…Alors, j’irai vers lui en suivant des chemins
Me menant vers le seuil de la béatitude :
-Un regard, un sourire, un baiser sur la main
Auront raison de moi et de ma solitude-

oOo
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[Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] Si j’ai chanté des mots avec mes yeux de femme,
La pluie gifle à présent mon cœur tel un fouet
Enlarmant mes amours jusqu’à sevrer la flamme


Je trouve ces vers magnifiques, tout comme le poème entier qui fait preuve d'un lyrisme poignant dans lequel se retrouveront ceux qui ont connu la solitude des amours perdues et éperdues.
Seul le poème éternise ces instants, car le temps heureusement finit par alléger la douleur.
Un beau cri du coeur que je partage dans mes vieux souvenirs...
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Antigone

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Merci. Je vois que nous avons, plus ou moins, des souvenirs semblables... 30 années plus tard, j'y pense encore...

Amitié,

Antigone
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[Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] J’aime beaucoup. La facture et le fond sont très personnels. Et c’est très féminin aussi. Superbe.
J’ai un doute sur le nombre de syllabes du 18ème vers. Les classiques ne faisaient pas la diérèse. La Fontaine (le berger et le roi) écrit l’alexandrin suivant : « Vint s’offrir sous la main, il le prit pour un fouet. »
Enlarmer m’a fait buter. Un dictionnaire donne la définition suivante : faire de grandes mailles à côté du filet avec de la ficelle. ( ???) Le trébuchet est plutôt une balance. Mais les images qui suivent sont très expressives : l’hiver, le crépuscule…L’incise « j’en ai la voix qui tremble » est sublime et le rappel de la première strophe dans la dernière est très heureux.