Le canard mandarin.
aix galericulata
Le canard mandarin est un fin lettré,
Même s’il lui arrive parfois de jouer.
Il y a dans les traités de l’ancienne Chine,
L’histoire de ce canard, enfin je l’imagine.
« L’oiseau captif songe à son ancien bois,
Les poissons de vasque, à l’onde natale. »
Ecrit au douzième siècle un poète chinois.*
Le canard mandarin pense, c’est fatal,
À sa mare, son enfance dans l’étang
Avec, à ses côtés, ses frères et ses parents.
Il lui arrive de méditer sur l’onde,
De penser à l’avenir de ce monde,
Mais aussi ,de connaître l’ivresse du matin
Quand la fraîche brume se lève au lointain.
« Depuis toujours deux hôtes cohabitent en moi,
Leurs choix sont aux antipodes :
L’un est toujours ivre et solitaire,
L’autre sobre l’année entière. »
Se dit-il, s’appropriant les paroles du poète**
Que lui avait appris, un jour, une aigrette,
Faisant ainsi, sans remord, œuvre de créateur
Montrant que l’innovation ne lui fait pas peur.
Le canard mandarin est un fin lettré,
Il avance en robe de plumes chamarrées.
Le regard poétique qu’il porte sur le paysage,
L’accompagne aujourd’hui dans ses voyages.
* Zhuang zi.
** Tao Yanming