Le temps s’est fait plus doux depuis la belle averse
Bien qu’un ventru nuage ait pondu des grêlons.
Du coup sont repartis les dangereux frelons
Qui se montraient fougueux, de frôlement adverse.
Je n’ai jamais bien su si, dans l’Art du quatrain,
On doit clore ses vers comme on termine un livre
Pour, en dernière ligne, écrire le mot « fin ».
On pourrait, on pourrait, mais je préfère « à suivre »…
Je ne sais quelle force impose sa puissance
Pour que coulent mes vers. Matin après matin,
Repartant à la tâche avec persévérance,
Tel Sisyphe, je pousse encore mon quatrain.
Un épluche-syllabe, un pèse-alexandrins,
Un filtre d’hiatus, un tranchoir d’hémistiches,
L’attendrisseur de vers, le fourneau des quatrains,
Un chinois d’haïkus, un wok de rimes riches.
Nul jour qui se lève n'est en désespérance
Si le chemin est pris avec un coeur d'enfance
Il est en innocence et ouvert à la danse
Et ses allées bordées par des parterres de fleurs.