Enfant, lors du coucher, j’éteignais la lumière
En croyant qu’un tueur se cachait sous mon lit.
Chaque soir l’assassin de mon heure dernière
Ne me donna pourtant qu’un coup qui m’endormit.
On dit que le chaos naît d’un battement d’ailes,
Qu’il s’étend, se propage et noircit l’horizon.
On pourrait à loisir faire des parallèles,
Mais comment comparer Trump et le papillon ?
Je me couche parfois, pensif, sur mon quatrain ;
Je le tords, je le plie et le démantibule,
Puis m’endors, à regret, laissant soin au divin
(Les Muses) de me dire où placer la virgule.
Erato dit ceci, Calliope dit cela !
Ecrire est un plaisir, la virgule nous tue ;
Que ton rêve te mène au Styx, au Valhalla (?)
Garde ta bonne humeur qui, ton quatrain, ponctue...
Quand, en partant de rien, l'IA produira tout,
Jusqu'à créer la vie, l'universel atout,
Mais sans la condamner à finir par la mort,
On l'adorera sans critique ni remords !
Par ponctuation... on peut être lyriques !
On sème ci n’et là des points EXCLAMATIFS !!
On chante, haut le chœur ! des amours extatiques !!!
Passant au Stabilo nos vernis émotifs !!!!
L'I.A. cette inhumaine a semé ses cailloux
au coeur de ce domaine où nous plantions nos choux
mais nous avons le choix d'en ignorer la voix
en allant au jardin cueillir nos petits pois
Lire un joli quatrain. Quel divertissement !
Poésie en direct, besogne matinale
Que l’initiateur fagote artistement,
Et que le Tik-tokeur lit en diagonale.
Chaque jour que Dieu fait j’ouvre les yeux virgule
Et pense à mon quatrain point d’exclamation
Puis j’attends au café les Muses point-virgule
Mais viendront-elles point d’interrogation.
L’IA fait des quatrains pour le poète en toc ;
Son art numérisé qui prête à l’équivoque
Prouve qu’en poésie il a baissé le froc,
En servant au lecteur les vers du ventriloque.
L’IA pour l’ignorant est comme une béquille,
Une manne du Ciel pour l’homme démuni,
La prothèse d’esprit pour celui qui roupille,
Ou la preuve du plan qu’ourdissent les OVNI.