Rêveur comme l’était madame Bovary,
Je me crois grand poète en lisant Baudelaire.
Puis, comme Don Quichotte une fois bien guéri,
Le héros que j’étais remet les pieds sur terre.
Je ne sais qui était madame Bovary ;
Baudelaire, il me semble, était, lui, un bon gars.
Mais Don Quichotte ici me laisse fort marri
Car je ne lis, au fond, jamais que des mangas.
Avoir le comportement, tel quel, adéquat,
Savoir l'heur beau, bonnement esthète, avec ouate,
Permet d'arrondir l'angle et d'accoiser l'esprit,
Asseoir de haut for le temps excelle à l'idoine.
Je ne sais pas comment comprendre cette lecture
La mort par l’arsenic est inutile, au fond,
L’année s’annonce bien, plaisir des écritures
Lisez mangas, Messieurs, cherchez le Pokémon
Dans ma pensée, un jour, parlant à mon cerveau,
J’ai demandé : « Comment mon esprit fonctionne ? »
En sortant du coma, lorsque j’eus du réseau,
Ma conscience a dit : « Demande à ton smartphone ! »
Le froid me pétrifie, la bise me flagelle,
La neige a tout couvert de son grand manteau blanc
(Oh mais c’est très bon ça, coco, c’est excellent !)
Enfin, pour résumer, disons qu’on se les gèle.
Je me suis résolu pour ce début d’année
À pondre des quatrains ne parlant plus de moi.
Je crains que mon ego, qui ne pense qu’à soi,
Ne consente à mon voeu que pour une journée.
Surgi d’un interstice entre quatre pavés,
Un brin d’herbe a brandi sa tige de verdure.
Quel que soit le carcan dont ils sont entravés,
On ne peut régenter les droits de la nature.
Supposez qu’un robot soit un jour mis en vente
Et qu’il ait l’option : « Je parle alexandrin »
Serait-ce, d’après vous, une idée élégante
D’ajouter “signé X” au bas de mon quatrain ?
Je suis ce Lexandrin à qui le robot parle
Mais il semble qu’il soit vraiment par trop obtus.
Moi ça va bien merci, j’éblouis, je suis marle,
Ça t’épate, ferraille, et que me disais-tu ?
Je n’ai jamais rien lu venant de Saint John Perse
Et n’aurai donc jamais l’étiquette : érudit.
Cela m’importe peu ni ne me bouleverse
Tant qu’au moins me comprend l’érudit qui me lit.