"Atelier perpétuel de réparation"

Par : Salus
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Jim

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Je profite de la bonne ocaze !
En français archaïque, le vers suivant compte 12 syllabes, car le « e » se prononce :

« Une fée me dit de n'aller point au lac »

En français contemporain, ce vers compterait 11 syllabes !
Il faudrait donc le remplacer par exemple par :

« Une fée m'avait dit de n'aller point au lac »

Le « e » étant cette fois silencieux, le vers compte 12 syllabes.

Se pose alors la question : comment doit on prononcer le nom « fée » ?
L'usage courant retient « fé », le « e » étant tu.
Mais qu'en est-il de « féerie » ? La question reste suspendue puisque autant sont acceptés « féErie » que « féérie ».
Finalement, l'indécision a du bien, elle réclame de la souplesse et augmente les possibles.

La solution bâtarde appliquée souvent est de considérer une lettre visible bien que non dite comme existante... Elle est comme le chaton de Schrödinger, dans deux états intriqués. Aussi s'interdit-on ce « e » s'il n'est suivi d'une voyelle. Dès lors, l'exemple « Une fée m'avait dit de n'aller point au lac » est-il prohibé, et mieux vaudrait l'écrire « Une fée avait dit de n'aller point au lac »
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Salus

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La versification évolue avec un siècle ou deux de retard sur la langue, mais elle évolue !
Et ces points de détails, parfois ces défauts de l'armure, sont passionnants.

A Dame Oxalys, je voudrais aussi dire que "décortiquer" en public reste une garantie, car l'on est toujours susceptible d'aberration que d'autres, moins aberrant sur le sujet, pourront contrôler.
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Ggabrielle

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Ce message a été supprimé par son auteur le 04/09/2026 à 00:19.
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Gf

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Allô tous !

- on jase - ’o)

Avez-vous remarqué, que l’on trouve les mots 《 vent et soleil 》 dans pratiquement tous nos textes ?
Curieux non ?
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Solem

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Sans mon silenci_eux
J'entends sententi_eux
Ainsi...

« De n'aller point au lac » m'avait dit une fée...
🤔
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Oxalys

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Je profite de l'ocaze pour dire que, personnellement, les fautes d'orthographe me font plus mal aux yeux que les fautes de diérèse aux oreilles....
C'est grave, patrons de ce docte atelier ?
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Sylvain2023

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Bonjour,

J'ai récemment partagé mon poème "Stagnation" et j'ai reçu ce très bon commentaire: " Le premier quatrain est superbe, quel dommage de n'avoir su ou voulu faire un deuxième tercet" Cette remarque me fait réflechir . J'aimerais beaucoup avoir vos avis pour comprendre ce qui, selon vous, crée une rupture ou une baisse d'intensité après les quatre premiers vers. Je ne cherche pas forcément à parler de pure technique (la métrique ou les rimes), mais plutôt de la force des images, du souffle et de l'émotion car oui, je n'ai pas su ou voulu faire le 2eme tercet.

Que manque t-il au reste du poème pour degager la même impression qu'au 1er quatrain ? Quest-ce qui cloche ?


Je n'ai pas de douleur plus forte qu'un regret,
Sans cesse revenant, s'accoudant à ma table,
S’asseyant près de moi comme un ami coupable
Qui refuse de fuir et reste à mon chevet.

Souvent il a tes yeux, le bruit sec d’un loquet,
Fixant mon agonie de manière implacable ;
Dans mes humeurs d’alcool je suis un misérable,
Devenu simple verbe et sans aucun sujet.

À quoi bon retenir un mur qui se lézarde ?
Ton départ l’a détruit et aujourd’hui regarde —
Je n’ai que cet ami coupable à mon chevet.


Merci.


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Kerdrel

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Sylvain, rien ne cloche à ce poème
seulement la forme 4/4/3 suggère
qu'il s'agit un sonnet tronqué
je me suis amusé sans prétention
à terminer ce texte :

"J'ai concocté ces vers au sein de ma mansarde
Pour te dire à quel point désormais il me tarde
De te revoir qui sait au terme du tercet."
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Sylvain2023

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Je pensais avoir dévié après le premier quatrain et que ce qu'on avait pu y trouver s'était perdu dans le reste du texte, mais je réalise que j'ai commis presque l'impardonnable en amputant ce poème de son tercet final.
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Salus

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Sylvain ? - Je ne comprends pas bien ; si l'on parle versification, on ouvre le capot et, oui, des choses clochent, que je peux t'indiquer ; mais la demande ne semble pas être là.
Tu parles de rupture (de sens ?) après le premier quatrain, mais si je vois un changement, sans qu'il soit hors de propos d'ailleurs, ce serait plutôt après le sixième vers puisque, jusque là, le narrateur parle d'un "regret" ; dans les deux vers suivant, il parle de lui-même : (Dans mes humeurs d’alcool etc.)
Le tercet conclut en faisant apparaitre la raison du regret (le départ de l'être aimé), et le place (le regret) comme étant la seule consolation (coupable) à la tragédie de la séparation (ce qui est d'une finesse psychologique conséquente).
Bon, tout ça se tient très bien, pour moi, aucun souci de sens.
- Quant au "dernier tercet", pourquoi y tenir ? ce ne sera tout simplement pas un sonnet !
Bien des poètes, moi-même y compris, se sont essayés à cette forme, laquelle est admissible, pourquoi pas ?


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Sylvain2023

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Merci @Salus. Ton message m'éclaire bien. C'est quoi qui cloche dans le versification ?


Sinon, je viens de capter que mes questions portaient davantage sur le fond que sur la versification pure. Ce n'était sans doute pas le bon endroit pour cela.

Bonne soirée à tous.
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Salus

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Bien sûr que si, c'est le bon endroit !
(La preuve, tu dis toi-même que ça t'a éclairée)
On peut parler de tout les aspects du poème, dans cet atelier, simplement, avec la versification, c'est comme avec l'orthographe, ce sont des sciences (presque) exactes ; tandis que le fond, c'est beaucoup plus subjectif, on peut en dire ce qu'on en pense, ce qu'on en reçoit, mais ce sera sujet à variations selon qui on est et ce qu'on ressent, en tant que lecteur.
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Sylvain2023

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Mais sinon y a quoi qui cloche dans la versification ?

Je me suis appliquée pourtant .
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Salus

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Je n'ai pas de douleur plus forte qu'un regret
Sans cesse revenant, s'accoudant à ma table,
S’asseyant près de moi comme un ami coupable
Qui refuse de fuir et reste à mon chevet.

Souvent il a tes yeux, le bruit sec d’un loquet,
Fixant mon agonie de manière implacable ;
Dans mes humeurs d’alcool je suis un misérable,
Devenu simple verbe et sans aucun sujet.

À quoi bon retenir un mur qui se lézarde ?
Ton départ l’a détruit et aujourd’hui regarde —
Je n’ai que cet ami coupable à mon chevet.


Regret, chevet, loquet et sujet sont des rimes pauvres : rime pauvre = 1 seul son / rime suffisante = 2 sons / rime riche = 3 sons et plus.
Dans un sonnet, les rimes doivent être riches, ailleurs, les rimes suffisantes le sont, mais la versification proscrit les rimes pauvres.
(Sauf pour les mots monosyllabiques)

"Fixant mon agonie de manière implacable ;"
Le "e" muet de "agonie" n'est pas élidé.

"Ton départ l’a détruit et aujourd’hui regarde —"
Depuis la fin du dix-huitième siècle "et" suivi d'un mot commençant par une voyelle est considéré (à juste titre) comme formant un hiatus prohibé.

C'est tout.


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Ggabrielle

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Recherche désespérément mécano vétéran pour carrosserie biscornue.

Envoyer devis à l'adresse lespoetepointnets.

Incandescence
Je t'imaginais
grande et belle
fendant la vie
déterminée.
Je te découvre
perdue fragile
seule sur ton île
dans l'océan.
Je te voyais
flamme ardente
éclairant tout
sur ton passage.
Je te découvre
virevoltante
feu follet
lumière dansante.

Las! ce n'est pas un feu d'artifice, plutôt un feu de paille...