Au printemps précoce, sonneur de sonnets
Le temps semble venu, Cousin, de reprendre
La plume. Tout va pour le mieux, rassurez-vous,
L’encre peut de nouveau couler grâce au redoux,
Comme la sève qui nourrit le bourgeon tendre.
Fini le rude hiver qui vit le cours suspendre
De plis dûment tournés circulant entre nous,
-Bien que l’acharnement ne soit de tous les goûts-
Nos lecteurs et moi-même en ont assez d’attendre !
Profitant ce jour d’hui du soleil printanier,
J’inaugure à bons pas le chemin buissonnier
Que le repos hiémal plongea dans le silence.
Ayant mis au placard doudoune et gros bonnet,
C’est sur le banc moussu, couleur de l’espérance,
Que, court-vêtue, je me suis remise au sonnet.