La poésie sur internet
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Par : Tonindulot
Oyez donc ma cornemuse
Ô Muse qui s’amuse à distordre ma phrase,
Qui fait de mon lecteur ce passant qui s’embrase,
Tandis que, tout penaud, je boucle un calembour,
Que j’arrête des sots tous les sons de tambour,
Fais donc cesser ces bruits qui vont trop dans l’emphase !
D’allant surtout frileux par ce temps qui m’écrase
Je vais en évitant que mon pied ne s’envase.
Je te dis « à ce soir au centre du Beau Bourg
Ô Muse qui s’amuse ! »
Je vois d’ici blêmir tant de gens que tout rase
Qui balancent leurs mots toujours en périphrase.
Avec ma cornemuse, et sans port de kébour,
J’irai loin des points ronds ranimer le faubourg.
Ainsi nous serons deux, provenant de la base,
Ô Muse qui s’amuse !
Posté à 16h43 le 21 janv. 19
Palimpseste
Profitons de la vie - au moins ce qu'il en reste-
Dégrevons nos esprits, ayons la pensée leste,
Sachons reprendre le chemin des écoliers,
Allons baguenauder par les bois et sentiers,
Loin des émeutes de la ville qui empeste.
N’objecte surtout pas qu’ici je t’admoneste !
Tu sais combien m’est cher le pays qui proteste,
Mais ne mettons pas tout dans le même panier,
Profitons de la vie !
Sous l’immense étendue de la voûte céleste
Cultivons un jardin de poésie agreste,
Remplissons d’encre fraîche et bleue nos encriers,
Révisons nos rimes, sortons nos vieux cahiers
Et signons à deux mains un nouveau palimpseste,
Profitons de la vie !
Ce message a été édité - le 24-01-2019 à 11:03 par Oxalys
Posté à 09h08 le 22 janv. 19
Merci à Tonin et Oxalys d'avoir ouvert cet espace consacré aux rondels et rondeaux. Je suis en train de (re)découvrir toutes les vertus de cette forme ancestrale mais que plus près de nous ont illustrée Nelligan et Rollinat (entre autres).
Bien plus facile d'accès que le sonnet, elle est à la portée de tous.
Posté à 12h24 le 22 janv. 19
Om mani padmé houm », psalmodiait un bonze,
tout d’orange vêtu face à l’Himalaya,
à l’aube du huit mai de l’an mil neuf cent onze,
sur un plateau désert que le vent balaya.
Le kesa retroussé, il modelait un bronze
sans cesser pour autant son morne charabia.
« Om mani padmé houm », psalmodiait un bonze,
tout d’orange vêtu face à l’Himalaya.
Il insérait parfois quelques Alleluia.
Autant le préciser, c’était un fameux gonze
qui, comme il zézayait, se prénommait Alphonze
et fut vingt ans plus tôt, barman à Pattaya.
« Om mani padmé houm », psalmodiait ce bonze.
Posté à 12h25 le 22 janv. 19
Merci Obofix pour ce commentaire chaleureux. Quelle chance nous avons de disposer d'un emplacement au forum pour partager sans façon nos exploits de scribouillards amateurs de classique !
A quand la réouverture d'un topic consacré aux jeux prosodiques -bouts rimés entre autres- qui avait fait le bonheur de quelques mordus avant de disparaître corps et biens ?
Posté à 22h37 le 22 janv. 19
Warum nicht ?
Je propose donc de pondre un rondel sur les rimes d'icelui, composé par Mallarmé.
Si tu veux nous nous aimerons
Avec tes lèvres sans le dire
Cette rose ne l’interromps
Qu’à verser un silence pire
Jamais de chants ne lancent prompts
Le scintillement du sourire
Si tu veux nous nous aimerons
Avec tes lèvres sans le dire
Muet muet entre les ronds
Sylphe dans la pourpre d’empire
Un baiser flambant se déchire
Jusqu’aux pointes des ailerons
Si tu veux nous nous aimerons
Posté à 06h27 le 23 janv. 19
Merci Obofix d'investir en ces lieux où l'on débourse peu pour entrer dans la course..
Ce message a été édité - le 23-01-2019 à 15:46 par Tonindulot
Posté à 08h32 le 23 janv. 19
Au diable l'avarice
Au diable l’avarice avec sa boursoufflure
Quand il faut tant d’écus pour avoir belle enflure.
Dites-moi, Cher Banquier, aimez-vous ce métier
Qui ne sert qu’à doper, sans pudeur, tout rentier ?
Voyez comme est bien plate et maigre ma voilure !
Je sais qu’un ouvrier ne commet de bavure
Qu’en laissant de son sang pour unique gravure,
En disant de son poste au milieu d’un chantier :
Au diable l’avarice !
Travaillez dans la peine et gardez fière allure
Disait un laboureur sans quitter son galure.
Ses enfants attentifs, revendant son dentier,
Purent donc discuter avec leur argentier.
Leur Père dit sachant que l’or est chapelure :
Au diable l’avarice !
Posté à 14h51 le 23 janv. 19
Pauvre illusion
Faut-il forcer sur l'éperon
Et ainsi construire un empire,
Puis quand armant des escadrons
Voir tant de soldats qui expirent ?
Pour avilir tant de barons
Et résister à la satire
Faut-il forcer sur l'éperon
Du grand spectacle et du plaisir ?
Lors sonnant la mort au clairon
Hypocrite et triste sabir
Poussant votre ego au nadir
Quand à la fin serez marron,
Faut-il forcer sur l'éperon ?
Posté à 16h17 le 23 janv. 19
Je propose donc de pondre un rondel sur les rimes d'icelui, composé par Mallarmé.
Sympa,cette invitation Obofix -
mais tu places d'emblée la barre très haut : "rondel avec bouts-rimés" c'est un truc à faire fuir les chalands !
Et puis, pendant que j'y suis : je trouve que tu devrais ouvrir un topic spécial JEUX - histoire de ne pas tout mettre dans le même panier rondeaux-rondels classiques d'une part et divertissements prosodiques d'autre part - si tu vois ce que je veux dire...
Posté à 23h18 le 23 janv. 19
Au temps pour moi, Oxalys.
Je n'ai plus le coeur à animer des jeux.
En revanche je prends mon pied en comptant ceux des rondels et vais continuer à participer à ce topic très inspirant.
Ce message a été édité - le 24-01-2019 à 08:38 par Obofix
Posté à 06h17 le 24 janv. 19
Tombe la neige
Tombe la neige en gros flocons
Couvrant le sol de laine blanche.
L’oiseau transi, squattant la branche,
Siffle tout haut des airs abscons.
De beaux sportifs à leurs balcons
Scrutent le ciel de ce dimanche.
Tombe la neige en gros flocons
Couvrant le sol de laine blanche.
Tout courageux, dans leurs cocons
Quelques skieurs, droits sur leurs planches,
S’en vont braver les avalanches.
Or chacun sait que sur les monts
Tombe la neige en gros flocons.
Ce message a été édité - le 24-01-2019 à 10:11 par Tonindulot
Posté à 09h33 le 24 janv. 19
Rondel sur les rimes de Mallarmé. Exercice proposé par Obofix.
Crois-tu que nous les aimerons
sans rechigner et sans rien dire,
( Non, réfléchis, ne m'interromps),
Les salsifis de Tante, ou pire
Ses râgouts ? Stoïques et prompts
A céder à son bon sourire,
Crois-tu que nous les aimerons
Sans grimaces et sans rien dire ?
Vois dans la sauce aigre ces ronds
Je ne pourrai pour un empire
Ingurgiter ce qui déchire.
Dans l'assiette ces ailerons,
Crois-tu que nous les aimerons ?
Ce message a été édité - le 24-01-2019 à 10:31 par Soliflore
Posté à 10h30 le 24 janv. 19
Bravo pour ce florilège tout à la gloire de la muse. Elle doit être fière de de voir nos fantaisies !
Mention spéciale pour Soliflore qui a relevé le défi avec brio
Ma quote-part du jour : un bout-rimé, sans rondelle ni cheville, inspiré par… A vous de deviner
Quel poème !
Ces mots que j’ai choisis
je veux en faire une poésie
pour offrir à celui que j’aime
c’est mon premier poème
si j’ai compris tout ce qu’on m’en dit
c’est coton la poésie
tout d’abord il faut chercher un thème
pour en parler dans le poème
quand c’est enfin trouvé on rit
de s’lancer dans la poésie
à la fin la gloriole est extrême
quel poème !
Posté à 10h53 le 24 janv. 19
Oxalys, trop fastoche la devinette, ce poème est inspiré par Raymond Queneau
Soliflore, je suis époustouflé.
Ton rondel ferait blêmir de jalousie ce brave Stéphane.
Un vrai petit bijou, hilarant et virtuose.
Ce message a été édité - le 24-01-2019 à 12:12 par Obofix
Posté à 12h11 le 24 janv. 19
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