Le pôle éthique est loin de ces vies de manants
Qui sévissent sans crainte et sur tout sans vergogne.
Ils sont toujours haïs car leur triste besogne
Consiste à dominer de dictats permanents.
Allons donc, un poète est toujours bienséant,
Tout est correct ici, personne ne persifle,
Dit-elle en contemplant l'orageux océan ;
Mais il y a du zef, et j'ai le c.. qui siffle.
Je n’y peux rien, voilà : j’avoue avoir un don.
Je fais danser mon vers ; comme le rock il roule.
Les yeux mi-clos j’entends les bravos de la foule
Et, me relisant dis : « Ah ! Comme je suis bon ! »
Il galope ici comme un cosaque du Don
Et il a bien raison, car on n'est pas des moules :
S'il peut arriver que parfois l'on se défoule,
Ruant des quatre fers, on retourne au charbon !
Ruer des quatre vers est un plaisir intense.
Il suffit pour cela de s’envoyer en l’air.
Je parcours avec soin l’écrit de chaque pair
Me disant justement : « mon Dieu quelle appétence. »
J’ai la cheville qui gonfle avec un hématome
Ce qui fait pour marcher un vilain boitement.
Prend alors une canne et dis benoitement
« Ce n’est donc pas le pied un tel abattement. »
Ne vous semble-t-il pas que le premier ministre
Soit éphémère autant que le quatrain du jour ?
Si le poste est vacant, sans passer pour un cuistre,
J’aimerais, dès demain, Matigner à mon tour !
Ne visons pas trop haut car la chute est fatale
Quand le nuage gris se perce à l’horizon.
Je reste sagement au chaud de ma maison
En flânant au jardin où le lapin détale.
Flânant dans mon jardin pimpant et subalpin
Qui fleure bon le thym, la rose et l'aubépine,
J'esquive les gravats et les os de lapin
Et sans compter parfois même un os de lapine.
Madame, sans vouloir ici vous embêter,
Recevez ces quatrains qu'à vos bons soins je lègue
Car vous êtes, je vois, si pleine de bonté !
(Et non de bon café, suggéra mon collègue).
Rien à dire en ce jour. Rien ne vient… c’est le vide.
D’un bon sujet, mes vers se trouvent démunis.
Dans mon désoeuvrement j’ouvre l’éphéméride
Et que vois-je, Ô Seigneur ? On fête Saint-Denis !