Un clocher, une rue et des yeux dans la nuit,
Une lampe allumée, une odeur de repas.
C'est la mort attablée, à l'heure du trépas,
Au milieu du trottoir qui attend et s'ennuie.
Tapotant de ses doigts la nappe en taffetas
Brodée au fil de sang qu'un gras succube essuie,
Elle étend son regard, comme le feu la suie,
Vers celui qu'elle entend, que toujours elle hanta.
La soupe chaude fume on y voit des lardons,
L'homme approche en guenille accrochée aux chardons
De la vie. Il s'entrave et se relève enfin.
Le voici arrivé demandant son croûton,
Du clocher sonne l'heure de tous les pardons.
Et la mort sert la soupe à l'homme qui a faim.